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Politique

Encore des cadeaux pour le patronat

Automobile. Macron promet 8 milliards et des véhicules propres, mais rien sur les fermetures !

Ce 26 mai en fin d'après-midi, Emmanuel Macron a dévoilé son plan d'aide au secteur automobile depuis l'usine Valéo d'Etaples dans le Pas-de-Calais. Un plan de 8 milliards d'euros teinté de « greenwashing » et aucune garantie apportée sur la question des emplois, alors que quatre sites de Renault sont menacés de fermeture.

mardi 26 mai

C’est dans les habits du père de la patrie, fervent défenseur de la souveraineté industrielle de la France, qu’Emmanuel Macron a pris la parole, ce 26 mai en fin d’après-midi depuis l’usine Valéo d’Etaples dans le Pas-de-Calais. Une prise de parole du chef de l’Etat concernant le secteur automobile, largement impacté par la crise sanitaire et économique, dans un contexte ou Renault devrait annoncé la fermeture de quatre sites en France, ce qui a occasionné une première réaction sur le terrain de la lutte des classes.

Emmanuel Macron a donc annoncé un plan d’ampleur, à hauteur de 8 milliards d’euros, cherchant à agir sur les problématiques actuelles mais aussi pour « préparer le monde d’après ». Ce fameux plan se découpe en trois grand volets : le soutien à la demande, par le biais d’une série de primes diverses et variées, pour les particuliers comme pour les entreprises, permettant d’écouler les 400 000 véhicules actuellement stockés ; l’investissement pour « produire en France », visant à ce que la France soit le leader européen de fabrication de véhicules propres d’ici 5 ans par le biais, essentiellement, de subventions aux entreprises ; Un « pacte entre l’Etat, les entreprises et les salariés du secteur », concernant avant tout la question de la relocalisation de la production à forte valeur ajoutée. Macron a ainsi indiqué que PSA produirait « 220 000 véhicules propres d’ici 2021 » et que Renault se serait engagé à un « triplement de la production de véhicules électriques d’ici 2022, quadruplé en 2024 ». Un exemple parfait de « greenwashing » : Macron cherche à repeindre en vert une politique anti-sociale ; il cherche à se présenter comme faussement écolo pour masquer la catastrophe économique et pour l’emploi à venir.

Un appel à l’union nationale qui cache mal les risques de licenciements de masse dans le secteur

Le discours de Macron a tenté de mettre au centre la question écologique pour faire passer la pilule des 8 milliards d’aides qui bénéficieront exclusivement au patronat. Conscient d’une potentielle fronde sur le terrain de la lutte des classes, le président a aussi longuement insisté sur la nécessité du « dialogue social », en faisant même une condition sine qua non à la réussite de son plan.

Pourtant, si Macron a entendu faire passer un message du type « lendemains qui chantent », la situation est loin d’être idyllique. En effet, le chef de l’Etat n’a même pas évoqué la situation à Renault, qui devrait fermer quatre de ses usines sur le territoire. Une vraie contradiction, alors que le président a longuement insisté sur la nécessité de « préserver le tissu industriel ».

Surtout, les appels répétés à la relocalisation n’ont en aucun cas comme corolaire le maintien des emplois, et encore moins l’embauche. En effet, si le président a annoncé que les 5 milliards de garantie de prêt par l’Etat sont, pour la première fois, conditionnés à de très floues « négociations », aucune condition n’a été donnée quant au 8 milliards d’aides annoncés ce 26 mai. Or, rien n’indique que la mutation voulue par Macron soit réellement effective d’une part, et que les besoins en main d’oeuvre des grandes entreprises du secteurs, et de leur sous-traitants, soit au même niveau dans le cadre de production de véhicules propres. Pire, concernant les emplois, Macron a annoncé vouloir privilégier les accords d’entreprises, ouvrant la voie à la précarisation de masse et à des restructuration d’une ampleur démultipliée.

« Greenwashing » et énorme cadeau sans aucune contrepartie pour le patronat, Macron n’a pas dérogé à son style habituel. Loin de toute union sacrée, totalement fictive, ce sont les travailleurs de la Fonderie de Bretagne de Renault qui sont en train de montrer la voie à suivre pour lutter efficacement contre les licenciements et fermetures d’entreprises : la lutte.




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