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Politique

Gestion criminelle

Castex tente de se justifier sur sa stratégie vaccinale, alors que l’épidémie ne cesse de progresser

L'épidémie continue de se répandre, aggravée notamment par le variant britannique, plus contagieux et présent dans deux « clusters à risque » en France. Lors des annonces de ce jeudi, Castex a tenté de justifier la stratégie vaccinale du gouvernement : s'il a indiqué ne pas vouloir la modifier, il a tout de même été forcé d'annoncer une accélération de la campagne de vaccination, acculé par le scandale de la lenteur.

jeudi 7 janvier

Crédit photo : LUDOVIC MARIN - AFP

À l’heure actuelle et selon les chiffres donnés en conférence de presse ce jeudi soir, ce sont environ 15 000 nouveaux cas de coronavirus qui sont identifiés chaque jour – trois fois plus que l’objectif des 5 000 cas. De plus, deux variants, l’un détecté aux Royaume-Uni, l’autre en Afrique du Sud, inquiètent les scientifiques. Le premier serait 40 à 70% plus contagieux que celui actuellement en diffusion en France, selon les informations données par Olivier Véran lors de la conférence de presse. Sur le deuxième, on dispose encore de peu d’informations. Jean Castex et Olivier Véran ont affirmé vouloir éviter à tout prix que ces deux variants se répandent dans le pays. Ils ont déclaré 19 cas dûs au variant britannique et se sont félicités d’avoir des « moyens de détection » de ce variant. Une façon de minimiser la circulation du variant : si 19 cas ont déjà été identifiés, il est très probable que de nombreux autres soient passés sous les radars et cette diffusion risque malheureusement de continuer, à moins d’une stratégie sanitaire et vaccinale à la hauteur. D’après BFMTV, « deux "clusters à risque" ont été identifiés par les autorités sanitaires. Des investigations sont en cours afin d’essayer de retrouver toutes les personnes concernées par ces clusters. »

Pour faire face à la progression de l’épidémie, dans ses annonces de jeudi 7 janvier, Jean Castex a annoncé la prolongation des mesures en cours. France Inter résume les annonces : « Le couvre-feu est prolongé jusqu’au 20 janvier ; Le couvre-feu avancé à 18h, en place dans les 15 départements concernés est maintenu ; "Dix départements supplémentaires" pourraient être concernés par ce couvre-feu avancé. Toutes les activités ou établissements aujourd’hui fermés le resteront jusqu’à la fin du mois de janvier. Cela concerne les musées, cinémas, salles de spectacles ou équipements sportifs. "Nous ferons un point le 20 janvier avec le secteur de la Culture pour voir s’il est possible de reprendre l’activité à partir de début février", a indiqué Jean Castex ; La perspective de réouverture des bars et des restaurants est reportée a minima jusqu’à mi-février » De plus, « les remontées mécaniques ne pourront pas non plus rouvrir tout de suite » et la fermeture des écoles n’est pas envisagée.

Mais l’objet principal de la conférence de presse était bel et bien la stratégie vaccinale. Depuis le début de la campagne de vaccination le 27 décembre, les scandales s’accumulent, révélant l’impréparation du gouvernement. En début de semaine, on apprenait que le gouvernement pourrait être responsable de la perte de 25 à 30 % des doses de vaccins, faute d’avoir prévu assez de supercongélateurs pour les stocker. De plus, on apprenait ce jeudi que le ministère de la Santé aurait donné de mauvaises instructions d’injection des vaccins Pfizer, ce qui aurait conduit à une mauvaise utilisation de ces derniers !

Après le scandale des masques et le scandale des tests, c’est aujourd’hui avec le scandale des vaccins que le gouvernement fait la démonstration de son inconséquence en matière sanitaire. Cette lenteur est criminelle au vu des chiffres révélés par Castex et Véran eux-mêmes. Ainsi, lors de ses annonces du jeudi 7 janvier, Jean Castex, accompagné d’Olivier Véran, a tenté de se justifier de la lenteur du déploiement de la vaccination, déclarant : « Notre programme de vaccination a démarré plus lentement que dans d’autres pays : ce décalage s’explique par notre choix de respecter les principes et les priorités qui ont été fixés par la Haute Autorité de santé. Ces principes, ce calendrier, ces priorités avaient été annoncés, partagés, concertés avec les professionnels de santé, avec les associations d’élus au cours de nombreuses réunions, y compris à mon niveau. Ils vous avaient été présentés ici même le 2 décembre, ils ont été détaillés au Parlement les 15 et 16 décembre. » Une défense bien maigre alors que le gouvernement n’est même pas en capacité d’assurer correctement cette tâche minimale, qui relève directement de la survie pour la frange de la population la plus à risque.

Le scandale qui a agité la presse, les réseaux sociaux et les politiques depuis la fin du mois de décembre met le gouvernement sur la défensive ; il s’est ainsi vu obligé de justifier de sa stratégie et de se trouver des maigres consolations, revendiquant par exemple la gratuité des tests en France (alors qu’il s’agit là du minimum pour une stratégie efficace !) ou encore une rentrée scolaire soi-disant « satisfaisante ».

Le gouvernement a donc été forcé d’annoncer une accélération de la campagne de vaccination. Jean Castex a déclaré ne pas modifier la stratégie, mais seulement l’accélérer, en avançant la « phase 2 », qui ne devait démarrer qu’en février. Ainsi, depuis lundi, les soignants de plus de 50 ans peuvent se faire vacciner. Les personnes de plus de 75 ans pourront se faire vacciner à partir du 18 janvier, notamment dans des « centres de vaccination » dans chaque département. Le gouvernement a déclaré vouloir atteindre un million de vaccinés avant la fin du mois. Cette « accélération » apparaît largement insuffisante lorsque l’on compare avec les chiffres des pays voisins et compte tenu de l’urgence vitale de vacciner la population.




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