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Monde

États-Unis : la grève des travailleurs d’Amazon commence

Mis en danger par leur direction dans un contexte de crise sanitaire et économique, les travailleurs précaires d’Amazon s’organisent. Dans plus de 50 entrepôts à travers le pays, plus de 300 d’entre eux ont décidé de refuser de prendre leur poste à partir de ce mardi et ce jusqu’à obtenir des garanties pour leur protection.

mardi 21 avril

[Crédits photos :REUTERS/Albert Gea]

La crise économique et sanitaire frappe de plein fouet les États-Unis : plus de 43 000 décès et 800 000 cas sont confirmés à travers le pays, dont le système économique et sanitaire entièrement tourné vers le profit compromet la vie des plus précaires, notamment les populations noires qui sont bien souvent en première ligne face au virus https://www.revolutionpermanente.fr.... Alors que Trump annonce vouloir déconfiner « dès demain » et que des bandes armées de militants d’extrême-droite font des manifestations pour la réouverture des entreprises, les travailleurs s’organisent pour mener la riposte face au patron et exiger des mesures de sécurité.

Dans ce contexte, une mobilisation d’ampleur commence chez les travailleurs d’Amazon qui sont résolus à refuser la politique criminelle qu’entend leur imposer la direction de ce géant américain du commerce en ligne. En effet, cela fait des semaines que la sonnette d’alarme a été tirée dans les 130 entrepôts touchés par le virus. >https://www.google.com/maps/d/u/1/viewer?ll=43.00628671259633%2C-94.67929290268057&z=4&mid=16huUzFcdm6NLpPgBIwfuvwBX6J5Qkg9s], avec parfois plus de 30 cas confirmés sur un même lieux de travail d’après The Guardian. Alors que la fortune du patron d’Amazon a augmenté de 24 milliards depuis le début de la pandémie, celles et ceux qui font tourner la machine doivent risquer leur vie pour des salaires de misères et face à la menace de licenciements en cas de contestation.

Les travailleurs dénoncent notamment le fait que, malgré de nombreux effets d’annonce de la part de la direction, cette dernière n’a pas mis en place les mesures de protections élémentaires telles que la fourniture de masques et de tests de température dans les entrepôts ou encore le paiement des jours de congé maladie même pour les personnes atteintes du virus. Les conditions de travail préalables à la crise, telles que le paiement des livreurs en fonction de quotas de courses à l’heure, ne permettent même pas de se laver les mains entre chaque livraison comme l’exige Amazon en guise de consigne élémentaire de protection. « Nous devons chaque jour faire un choix impossible : nous rendre sur un lieu de travail qui n’est pas sûr ou risquer de perdre un chèque de salaire en plein cœur d’une récession mondiale », a expliqué Jaylen Camp, employé de la plate-forme Amazon de Romulus dans le Michigan, cité par Le Monde. En exposant les travailleurs d’Amazon au virus, c’est toute la population que les patrons d’Amazon mettent en danger, comme le souligne Jordan Flowers, un employé qui témoigne dans une vidéo sur Twitter : « Nous mettons nos vies en danger, celles nos communautés, celles de nos familles et celles de nos clients. »

Par ailleurs, comme relaté dans The Guardian, Amazon réprime plus que jamais les travailleurs qui dénoncent leurs conditions de travail. L’un des organisateurs d’une manifestation de livreurs qui s’est tenue à New York le 30 mars dernier a par exemple été licencié pour ses actions. Les dirigeants d’Amazon ont également licencié deux employés qui dénonçaient le traitement des travailleurs d’entrepôts. Mais la répression va encore plus loin : un rapport publié par Business Insider révèle par exemple que Whole Foods, une chaine de supermarchés détenue par Amazon, a mis en place un système de surveillance de ses employés et de leurs capacités à s’organiser syndicalement, basé sur des critères notamment raciaux ou encore de « loyauté » à la direction de l’entreprise.

Nombreuses sont donc les raisons qui poussent un nombre croissant de travailleurs d’Amazon à relever la tête collectivement contre les patrons résolus à leur faire payer la crise au prix de leur vie. « Nous devons dénoncer ce qui se passe », affirme Jaylen Camp, toujours dans The Guardian. « Si on ne fait rien, on continuera d’être traités comme des nombres, des diagrammes et des dividendes au lieu d’être traité comme des personnes. ». Parmi les revendications qui commencent à apparaitre à l’échelle nationale figurent la fermeture des entrepôts contaminés, le paiement d’un congé maladie de deux semaines pour les personnes atteintes du virus et, plus largement, des mesures visant à rendre les conditions de travail dignes d’un point de vue sanitaire mais aussi économique.

Une tentative à confirmer, puisqu’en cette période de crise sanitaire, seule l’unité des travailleurs peut permettre d’imposer d’autres choix que ceux implusés par le patronat. Face à ses menaces et pressions la grève est le seul recours pour sauver des vies, une grève qui si elle aboutissait à la victoire pourrait servir d’exemple à l’ensemble de la classe ouvrière.




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