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Fermeture de l’usine Ford Blanquefort : le « plan social » est validé

Après un premier refus du PSE le 28 janvier, l'administration entérine la fermeture de l'usine de Ford Blanquefort en acceptant le PSE proposé par Ford le 4 mars. Concrètement, la fermeture du site et les licenciements vont mettre les 850 ouvriers et leurs familles dans une situation désastreuse.

mercredi 6 mars

Crédit photo : sudouest / Laurent Theillet

Dans la nuit du 4 au 5 mars, la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) a homologué le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) proposé par Ford pour le site de Blanquefort. Homologation dont se félicite Ford en avançant que le PSE permet de « lever une partie des incertitudes qui pesaient sur nos employés quant à leur avenir ».

Il est clair que maintenant les ouvriers savent à quoi s’en tenir : une fermeture définitive de leur usine d’ici l’été. Par contre, leur avenir est beaucoup moins certain que ce que Ford veut bien nous faire croire, car face au chômage ou aux maigres pré-retraites que certains ouvriers pourront obtenir, la situation est dramatique.

Selon la CGT Ford ce sont entre 300 et 400 ouvriers qui pourront être placés en pré-retraites, quelques dizaines d’entre eux seront embauchés par l’usine voisine GTF aussi détenue par Ford, enfin pour les 400 à 500 salariés restants, le licenciement est la seule perspective. La CGT dénonce « le risque de précarité » qui plane sur les ouvriers après la fermeture de l’usine.

Cette homologation du PSE de la part de l’administration contraste avec les déclarations du ministre de l’économie Bruno Le Maire et du président de la république, Emmanuel Macron. En effet l’État s’est dit prêt à se battre contre le géant américain, en le forçant notamment à payer pour permettre une revitalisation du site. Emmanuel Macron a notamment déclaré, lors de sa tournée à Bordeaux le vendredi 1 mars, qu’il allait « forcer l’entreprise à revitaliser » et « donc à investir pour sa conversion ».

Le Maire avait en ce sens, demandé jusqu’à 20 millions d’euros à Ford dans cet objectif de réindustrialisation du site.

Le discours de l’État sonne faux et démago quand quelques jours plus tard l’administration accepte le PSE qui promet licenciement et précarité à une bonne partie des ouvriers, qui travaillent pour certains depuis plusieurs dizaines d’années sur le site de Blanquefort. Philippe Poutou, ex-candidat à la présidentielle pour le NPA, ouvrier et syndicaliste au sein de FAI (Ford Aquitain Industries) dénonce ce volte-face de l’État en déclarant que ces « postures combatives » de l’État cachaient en réalité son « impuissance » face à Ford. Il rajoute que, pour « rendre crédible l’hypothèse d’une réindustrialisation » l’État devrait plutôt « prendre le contrôle de l’usine, réquisitionner le parc machines ».

Réquisition d’autant plus légitime que Ford a reçu cette dernière décennie de nombreuses aides, plusieurs millions d’euros, de la part de l’État et des collectivités territoriales pour maintenir l’emploi dans la région. Par ailleurs, le PSE comprend une aide versée aux ouvriers après la fermeture à hauteur d’environ 190 000 euros. Somme que la CGT conteste et souhaite voir augmenter comme le démontre le communiqué que nous partageons ci-dessous.

Nous apportons tout notre soutien aux ouvriers de Ford qui font face aux patrons-voyous du géant américain Ford et l’État français et ses représentants, soumis aux intérêts des grandes multinationales capitalistes.

La CGT demande à la direction de FAI l’ouverture immédiate des Négociations Annuelles Obligatoires avec pour unique revendication : 200 000€ minimum pour tous !

La DIRECCTE homologue le PSE, nous en prenons acte !
 
Ford jubile, pourtant son PSE est nettement insuffisant et très éloigné des revendications que portaient les Organisations Syndicales lors de sa pseudo « négociation ».
 
Contrairement à ce que dit Ford dans son communiqué, en aucun cas cette situation « permet de lever une partie des incertitudes qui pesaient sur nos employés quant à leur avenir. » Au contraire, elle nous plonge dans l’incertitude du chômage et de la précarité. Ford doit indemniser les salariés à la hauteur de ses mensonges et de sa richesse.
 
De son côté, la presse écrit que, « selon des sources proches du dossier, le PSE porterait sur une moyenne de 200 000€ par salarié. »
 
Dans ces conditions, nous revendiquons légitimement un minimum de 200 000€ pour chaque salarié. Il existe de nombreux exemples d’améliorations de PSE après leurs homologations suite à des accords de fins de conflit. Cette revendication ne pourra aboutir qu’avec l’aide et la détermination des collègues de l’usine. À nous tous de mettre en place les conditions pour nous permettre de la faire aboutir !
La CGT Ford Blanquefort le mardi 5 mars 2019




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