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Fonderie de Bretagne. La justice acte le déblocage et la répression des grévistes

Ce jeudi, le tribunal de Lorient a acté une procédure « d’expulsion immédiate » visant les fondeurs occupant leur lieu de travail. La direction de Renault accélère la répression face aux travailleurs en lutte, qui eux ne lâchent toujours rien.

vendredi 4 juin

C’est à travers une procédure accélérée, en référé, que la direction de Renault s’en prend à présent judiciairement à la lutte des travailleurs de la fonderie de Bretagne. Le tribunal de Lorient vient de prononcer un jugement visant la « levée des entraves à la libre circulation » que provoque la mobilisation des ouvriers. Face à des travailleurs qui n’attendent plus rien de celle-ci, la direction considère maintenant que la répression réglera la situation, « l’expulsion immédiate » des lieux, se ferait donc « avec le concours de la force publique autant que de besoin ».

De leur côté, les travailleurs maintiennent la pression. Depuis plus de cinq semaines, ils occupent le site et bloquent toute production. On se souvient d’un début de lutte tonitruant, avec des débrayages puis le début d’une grève qui exigeait des réponses de la direction retenue alors une dizaine d’heures sur le site. Depuis, la grève se poursuit, face à l’abandon de la fonderie par le groupe Renault, ils refusent les manœuvres de reprises, avec une forte conscience de l’avenir précaire que cela représente.

Pour conserver les 350 emplois en jeu, les grévistes ont multiplié les actions coup de poing pour visibiliser leur combat, en empêchant la tenue de CSE visant à n’imposer que le pire, ou encore en envahissant les rails de la gare de Lorient.

La décision judiciaire à leur encontre réaffirme le soutien de la justice aux patrons de Renault. Bien que ces derniers n’aient pas obtenu l’« astreinte » de 100 euros par jour et par salarié qu’ils réclamaient, les pouvoirs publics ont feint de se montrer aux côtés des travailleurs en lutte pour l’emploi, sans jamais trouver de solution en plaidant pour la conciliation. À l’image de la région Bourgogne-Franche-Comté qui a proposé un consortium public-privé, qui donneraient des garanties non pas aux travailleurs mais bien à l’organisme privé qui y prendrait part.

Lors des dernières assemblées générales, se sont encore plus de 240 ouvriers qui se sont réunis pour reconduire la grève. Un représentant syndical déclarait à 20minutes : « On est plus que révoltés parce qu’on n’a aucune nouvelle de nulle part. On est déterminé à continuer. On n’a plus rien à perdre de toute façon ». Une détermination exemplaire qui doit servir à élargir le rapport de force à l’image de la grande manifestation qu’ils ont organisée, mais aussi des liens qu’ils tissent avec d’autres secteurs. Seule, la Fonderie de Bretagne ne pourrait sans doute pas renverser la situation. Et leur lutte est essentielle pour l’avenir du secteur et des autres travailleurs qui sont attaqués de toutes parts. Car, que ce soit pour l’ensemble des sites Renault et des fonderies du pays qui sont menacés aujourd’hui, ou pour les millions d’ouvriers menacés de licenciements dans les mois à venir, c’est un combat d’ampleur qu’il faut engager pour imposer la fin des suppressions d’emplois et de la régression sociale que le patronat nous impose.

Ici, le lien de la caisse de grève des grévistes de la Fonderie de Bretagne qui ont plus que jamais besoin de votre soutien !




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