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Notre classe

Rentrée des grèves

Manque de moyens : plusieurs établissements scolaires en grève dès lundi contre la casse de l’éducation

Manque de personnel, classes surchargées : la reprise des cours dans l’Éducation Nationale a été marquée par la casse du service public. Pour demander plus de moyens, l’ouverture de nouvelles classes et la formation de personnels, des appels à la grève ont déjà été lancés dans plusieurs établissements pour ce lundi.

vendredi 2 septembre

Crédits photo : AFP

En visite à Toulouse, Pap Ndiaye, le ministre de l’éducation nationale, a défendu le bilan des réformes « fondamentales » de Blanquer et expliqué sur BFM TV que « la rentrée s’est bien passée, n’en déplaise aux Cassandres ».

Pourtant, la réalité des personnels est toute autre. Entre les sous-effectif côté personnels et l’augmentation des effectifs côtés élèves, la rentrée s’est déroulée sous tension. Si le ministre, sous pression, a promis des « proposition de hausses de rémunération », la réalité sur le terrain est marquée par la précarisation des conditions de travail des personnels.

Alors que, par exemple, au lycée Gustave Eiffel à Paris, il manquait 12 professeurs pour la rentrée, et que les salaires sont toujours aussi bas malgré l’inflation, de premiers établissements commencent à se mobiliser.

Dans le 93, plusieurs lycées ont ainsi annoncé être en grève et organiser un rassemblement devant le DSDEN de Bobigny à 14h ce lundi. Évidemment, le manque de personnel est une des principales raisons, comme au lycée Wallon à Aubervilliers où il manque au moins 7 professeurs alors que les effectifs sont en hausse. Mais ce n’est pas la seule, d’autant qu’il manque aussi des infirmières, des psychologues scolaires ou encore des AESH et que toutes les catégories sont touchées par la pénurie de personnels.

Au lycée Jacques Brel, les personnels appellent à grève contre l’explosion des seuils d’élèves dans les classes, sans le personnel nécessaire pour les accueillir. En effet, comme explique leur communiqué : « les effectifs des classes de première de filière générale et de filière STMG augmenteront brutalement à la rentrée, passant de 24 élèves par classe à 28 en série STMG, soit une augmentation de 15% ».

Même problème au lycée Jean Renoir à Bondy, où le nombre d’élève dans les classes de STMG a été augmenté. Comme l’explique Philippe Martinais, professeur dans cette cité scolaire, syndiqué à Sud Educ 93 : « on rencontre une modification dans la série technologique STMG : le rectorat a fait passer le nombre d’élèves par classe de 24 à 30 élèves ».

Au lycée Mozart, ce sont les réorganisations imposées qui ont été à l’origine du vote de la grève en Assemblée Générale. « Créneaux ouverts pendant la pause méridienne », « désignation de professeurs principaux sans consultation », dans leur communiqué les personnels en lutte dénoncent l’aggravation de leurs conditions de travail.

Les écoles ne sont pas en reste, à Sarcelles aussi la mobilisation a commencé contre le manque de personnels. Cette fois, les parents se sont joints aux professeurs pour dénoncer le fait que leurs enfants se retrouvent sans enseignants pour la rentrée.

« Le gouvernement nous a promis un prof par classe, et là il y a rien »

Au-delà des quartiers populaires parisiens, dans d’autres régions des appels à se mobiliser sont sortis, également provoqués par l’augmentation du nombre d’élèves dans les classes de STMG. Du côté de Grenoble, des appels à la grève ont ainsi été lancés par les personnels. Au micro de France 3 Régions, Manon Péroz, représentante SNES-FSU et professeure de français raconte : « En Isère, il y a des filières STMG qui n’ont pas été ouvertes car il manque des professeurs d’éco-gestion. Rien que dans mon collège, il manque 3 heures d’anglais et 9 heures de français. Ça va être très difficile à combler. » Cette problématique touche différents établissements, notamment en Ile-de-France, comme à la cité scolaire Jean Renoir à Bondy.

Selon Ouest France, au Mans, la majorité des enseignants du lycée Marguerite Yourcenar ont également voté la grève. « Les moyens horaires progressivement perdus ces cinq dernières années, pour la mise en œuvre des dispositifs en faveur de la réussite des élèves, notamment ceux issus de milieux défavorisés » ont été à l’origine de leur choix.

Ces premières dynamiques de grève montrent que la colère des personnels de l’Éducation nationale, déjà exprimée l’hiver dernier, ne s’est pas calmée. Alors que les directions syndicales ne proposent aucun plan de bataille à la hauteur, mis à part la date unitaire du 29 septembre, il faut espérer que toutes ces grèves locales fassent effet boule de neige, avec la reprise des cours la semaine prochaine, pour imposer au gouvernement de répondre aux revendications des salariés de l’éducation. Pour l’augmentation de l’embauche et de la formation, mais aussi des salaires et pour l’ouverture de nouvelles classes, il est urgent de s’organiser !



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