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Notre classe

Le rassemblement rejoint les soignants

500 personnes en soutien à Éric Bezou, cheminot menacé de licenciement

Ce mardi à 11h, plus de 500 personnes se sont rassemblées devant la gare Saint-Lazare pour faire front contre la répression patronale qui s’abat sur Eric Bezou, menacé de licenciement pour s’être mis à genou devant la direction de la SNCF afin de dénoncer la soumission exigée et les conditions indignes de travail.

mardi 16 juin

Alors que le ministère du travail de Muriel Pénicaud s’apprête à licencier le cheminot syndicaliste Eric Bezou, près de 500 personnes, dont beaucoup de collègues cheminots, étaient réunies pour affirmer leur soutien et dire non à son licenciement. A peine le déconfinement annoncé, Eric Bezou, recevait un mail signé par Muriel Pénicaud pour lui signifier la relance de la procédure de son licenciement. Une décision scandaleuse alors qu’Eric, comme l’ensemble des cheminots, a été en première ligne face au Covid pour assurer la continuité du service public.

Un rassemblement qui de façon extrêmement symbolique, a rejoint la manifestation des hospitaliers. Puisque comme les hospitaliers Eric Bezou aura été pendant toute la période du confinement en première ligne malgré la situation sanitaire critique et ce malgré sa procédure de licenciement. Et comme pour les hospitaliers, le fait d’avoir été en première ligne dans des conditions sanitaires désastreuses, ne compte pas pour ce gouvernement lorsqu’il s’agit de continuer l’application de politiques ultra-libérales et pro-patronales.

De nombreux secteurs et organisations politiques et syndicales ont répondu présent à l’appel : Sud Rail, CGT Cheminots, FO Cheminots, Union Syndicale Solidaires, CGT de Paris, CGT RATP, Solidaires RATP, CGT Raffineurs Grandpuits, Sud Poste 92, Sud et CGT Commerce, CGT Prévention et sécurité, FO Education Nationale 78, CGT Education Nationale 78, Sud Educ 93 et les enseignants du collège République, des enseignants réprimés de Melle, des soignants, Gilets jaunes, militants sans papiers, le NPA, Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière, ou des élus de la France Insoumise.

Une attaque contre un syndicaliste et militant exemplaire dans un contexte d’offensives historiques contre le monde du travail

Le gouvernement a décidé de passer outre la décision de l’inspection du travail pour licencier Eric. C’est en réalité le moyen de se débarrasser d’un militant syndical combattif qui a toujours défendu de meilleures conditions de travail et ses collègues contres les attaques de la direction et de Macron. La direction de la SNCF et le gouvernement, en s’attaquant à Eric tentent d’en faire un symbole, à l’heure où les vagues de licenciement, et la crise économique pourraient engendrer une dynamique de luttes dans le monde ouvrier. Pour Nathalie Arthaud : «  Ils feront tomber toutes les têtes qui dépassent, parce qu’ils savent qu’ils vont cogner fort l’ensemble du monde du travail et ils redoutent plus que tout des réactions »

En prévision d’attaques historiques contre le monde du travail, il est central pour les directions d’entreprise et le gouvernement de neutraliser ceux qui se sont toujours battus et se battront contre les vagues de licenciement et pour défendre leurs collègues. Comme la rappelle Irène, du collectif du Pain et des Roses : « Eric est un syndicaliste de longue date qui a défendu beaucoup de ses collègues, et notamment ses collègues femmes qui se sont faites harceler par la direction, et c’est pour ça aujourd’hui que la direction veut le licencier, parce qu’il a osé s’opposer à elle. »

Être menacé de licenciement pour avoir défendu ses collègues en tant que délégué syndical, c’est aussi la situation d’Ahmed Berrahal, qui la semaine dernière était convoquée par sa direction pour rendre compte de ses agissements pendant la grève. Celle-ci statuait finalement sur une mise à pieds de 2 mois, une sanction lourde visant à punir et intimider ceux qui voudraient se battre contre ce gouvernement et les directions patronales. Ahmed est venu apporter son soutien à Eric : « Pourquoi Eric on veut aujourd’hui le licencier ? Parce qu’on sait que c’est un mec qui se bat, qui l’ouvre face à sa direction. Et sa direction elle tente de le faire taire comme à la RATP elle essaye de faire pour moi. Il faut qu’il y ait un soutien massif pour Eric, il faut pas le lâcher parce que lorsque qu’on s’attaque à Eric on s’attaque à tout le monde, à tous ceux qui voudront se battre. » 

Adrien, travailleur à la raffinerie de Grandpuits est venu rappeler que le combat contre le licenciement d’Eric concernait l’ensemble de la classe ouvrière :« Si vous touchez à un cheminot, à un traminot, au moindre ouvrier on va vous imposer le pire des rapports de force que vous n’ayez jamais connu. On est plus forts plus nombreux. Le combat de la classe ouvrière va être hégémonique. Vous avez fait de notre vie un cauchemar, on va faire de votre vie un enfer. Il va falloir se battre contre la pire crise économique ».

Aux côtés d’Eric la lutte avec les soignants et contre le racisme d’Etat et les violences policières

L’unité de la classe ouvrière se trouve ravivée par la lutte contre la répression syndicale. Une unité qu’il s’agit de confirmer sur le terrain du combat contre les violences policières. Ainsi selon Anasse Kazib, militant Sud rail et NPA : « La solidarité doit se jouer sur tous les terrain. « La jeunesse d’aujourd’hui c’est les travailleurs de demain, et si les jeunes de 16 ans, 18 ans, parlent de racisme d’Etat, de violences policières et autres, ça tétanise la bourgeoise pour l’avenir. Donc il est nécessaire de faire des liens. On doit sortir pour l’ensemble des travailleurs pour faire face à la crise économique et aux attaques qu’ils nous promettent ». 

Un mot d’ordre repris par Alex, travailleur à la RATP, menacé d’un conseil de discipline et pour qui « il faut qu’on soit tous unis face à la répression qu’elle soit dans les entreprises ou policières ».

Le rassemblement pour Eric a fait la jonction à 13h avec la manifestation des soignants. Aux côtés de ceux qui ont sauvé des vies et ont été confrontés à l’irresponsabilité criminelle du gouvernement et des décennies de casse des services publics, les soutiens d’Eric ont voulu dire la nécessité de se joindre à tous les travailleurs en première ligne, pour qu’aux applaudissements succède le déconfinement de nos colères. Il s’agit de construire un rapport de force, pour lequel le mouvement contre les violences policières et celui des soignants sont des appuis centraux afin de construire le monde d’après qui ne soit plus celui des licenciements massifs, de la paupérisation ou encore de la coercition dans les quartiers.

Ce rassemblement a donc été l’occasion de dire que la solidarité contre la répression patronale ou policière est un enjeu central. Les menaces prononcées contre Eric, Ahmed, François, les milliers de salariés de Daher, Renault, Derichebourg, Airbus, … devront à chaque fois être la démonstration de la solidarité de la classe ouvrière. Un rappel au patronat et au gouvernement qui saccagent le droit du travail, mais aussi aux policiers qui matraquent, violentent et tuent, que lorsqu’on touche à un membre de notre classe, c’est une attaque contre l’ensemble la classe.




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