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Politique

CRISE SANITAIRE

Près de 100.000 morts et 5.700 personnes en réa : le bilan du gouvernement s’alourdit

La troisième vague du covid-19 continue de s’étendre : le cap des 5.700 réanimations, qui n’avait pas été atteint depuis avril 2020, a été dépassé ce mardi 7 avril. Des chiffres révélateurs de la catastrophe provoquée par la gestion du gouvernement, décuplée par le manque de moyens dans les hôpitaux.

mercredi 7 avril

Crédits photo : AFP

Près de 100.000 morts depuis le début de la crise

La troisième vague du Covid-19 continue de s’étendre, et dans les hôpitaux, la situation s’aggrave de jours en jours. Les chiffres de Santé Publique France indiquent une hausse de tous les indicateurs : les entrées en réanimations ne cessent d’augmenter, on y comptait 5.729 patients ce mercredi, soit 103 de plus que la veille. Le cap des 5.500 réanimations n’avait par ailleurs pas été atteint depuis le 20 avril 2020, lorsque nous traversions encore la première vague. Mais au-delà, on décompte désormais 30.904 patients Covid hospitalisés, soit 265 de plus en 24h. Des chiffres alarmants qui reflètent la terrible réalité de la situation hospitalière, dont le seuil critique a déjà été atteint.

Avant même les annonces de « confinement » de Macron la semaine dernière, les directeurs et médecins de l’AP-HP annonçaient qu’ils seraient « contraints de faire un tri des patients ». Ce tri s’opère désormais de fait dans de nombreuses structures hospitalières, qui sous demande des Agences Régionales de Santé, doivent déprogrammer les opérations non-urgentes pour pouvoir libérer des places dans le bloc opératoire, mais aussi du personnel, afin d’accueillir les patients covid qui ne cessent d’affluer. Outre l’Ile-de-France où 80% des opérations sont déprogrammées, en Moselle ce chiffre s’élève à 70 %, tandis que dans les Vosges, ce chiffre atteint les 100 % ! Ce mercredi, l’ARS d’Auvergne-Rhône-Alpes a également demandé la déprogrammation des opérations dans l’ensemble de la région. L’obligation des déprogrammations, dont pâtit l’ensemble des personnes nécessitant une prise en charge médicale jugée « moins » importante, n’est que la triste conséquence du manque de moyens structurels dans l’hôpital public.

Alors que l’épidémie circule sur le territoire depuis maintenant plus d’un an, le gouvernement, au lieu de prendre des mesures pour soulager le personnel soignant, lui a demandé de fournir « des efforts supplémentaires ». Une véritable insulte pour les travailleurs en première ligne de la pandémie, qui dénoncent depuis des années la casse de l’hôpital public et qui doivent « faire avec les moyens du bord », c’est à dire avec peu de choses pour tenter d’éviter l’hécatombe. Des soignants du CHRU de Nancy ont d’ailleurs tourné en dérision le discours de Macron, en postant des photos sur Twitter d’eux en train de « pousser les murs pour pouvoir accueillir les 10.000 lits en réanimation » :

Interviewé par France Bleu, Bruno Lévy, chef du service de médecine intensive et réanimation médicale à Nancy, expliquait que : « Pousser les murs et faire des efforts n’est plus tolérable. La première raison, c’est qu’on aurait pu faire beaucoup mieux. On nous dit pousser les murs alors qu’on est à 5 000 lits de réanimation, qu’on a déjà beaucoup déprogrammé. On aurait pu le faire à 3 000 lits, on ne serait pas tombés dans la crise actuelle avec le nombre de malades et de morts qui vont arriver. ». Une déclaration qui exemplifie la politique du gouvernement, qui malgré la dégradation criante de la situation sanitaire, a fait le choix de « mesures de freinage » totalement inconséquentes face à la gravité de la situation, pour permettre aux patrons de continuer à faire des profits. Des mesures qui sont allées de pair avec un renforcement de la répression de la population, à l’image des 10.500 verbalisations distribuées lors du week-end de Pâques.

Malgré la catastrophe, le gouvernement continue sa stratégie catastrophique

Mais l’impréparation du gouvernement après un an de pandémie ne se répercute pas uniquement dans les hôpitaux, car elle impacte encore aujourd’hui le secteur de l’éducation. Après avoir repoussé la fermeture des écoles jusqu’à ce que les contaminations explosent, la mise en place de l’enseignement en distanciel s’est déroulé dans des conditions catastrophiques, poussant même Blanquer à prétexter « une attaque informatique venue de l’étranger » - information contredite depuis par Médiapart.

Si la catastrophe est largement minimisée dans les médias, le gouvernement semble prêt à continuer dans cette voie catastrophique. Ce mardi, Macron s’est invité à un cours à distance d’élèves de troisième, utilisant l’échéance pour dérouler son discours de sortie de crise. Par rapport à la réouverture des écoles, prévue le 26 avril, il a déclaré : « Je n’ai pas conditionné la réouverture des maternelles et des écoles, puis des collèges et des lycées, à des indicateurs sanitaires. » avant de minimiser la circulation du virus dans les établissements. « L’école est un lieu où le virus circule, mais n’est pas un lieu où le virus circule davantage. »

Ainsi, c’est un retour à marche forcée dans les écoles que promet le gouvernement sans protocole sanitaire à la hauteur. Une énième déclaration qui montre que, pour le personnel éducatif comme pour le personnel soignant, le gouvernement n’a aucun remords à faire prendre des risques aux travailleurs, tant que cela permet aux grands patrons de continuer à s’enrichir. Il termine d’ailleurs en continuant de faire son « mea culpa », en disant que « Je préfère me dire que nous avons préservé la vie de notre pays grâce à des mesures proportionnées  ». Mais face à 97.000 morts en France depuis le début de la crise, quelles vies ont été préservées ?

Le gouvernement, dont les mesures prises récemment ne sont que des effets d’annonces, a démontré depuis un an l’échec de sa stratégie. Le tri des patients, les déprogrammations des opérations, l’incapacité de promulguer des soins à tous ceux qui en ont besoin, ne sont que les résultats dramatiques de la stratégie criminelle du gouvernement. Après avoir cassé le secteur hospitalier depuis des décennies, la bourgeoisie refuse encore aujourd’hui de mettre en place des mesures conséquentes pour faire face à la pandémie, laissant les travailleurs en première ligne dans les hôpitaux comme dans les écoles faire face à la troisième vague sans aucuns moyens. Si Macron et ses ministres misent toute leur communication sur la campagne de vaccination, rien n’est moins sûre quant à sa capacité à la mener correctement, alors que les contradictions de la gestion capitalistes de la production génère des problèmes d’approvisionnement.

En ce sens, à nouveau, seule notre auto-organisation et nos luttes permettront d’imposer des mesures sanitaires et des moyens à la hauteur, dans les établissements scolaires ou les entreprises. Un premier pas pour, plus largement, reprendre le contrôle d’un combat contre l’épidémie que les classes dominantes entravent par leur obsession du profit.




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