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Notre classe

Jeunesse précaire en colère

Chronodrive : La jeunesse travailleuse s’organise pour la hausse des salaires

Depuis quelques jours, les travailleurs du magasin Chronodrive de Basso Cambo à Toulouse, commencent à s’organiser pour des hausses de salaire. Une mobilisation qui s’annonce inédite dans une entreprise de la grande distribution où travaillent en majorité des jeunes précaires rémunérés au SMIC.

lundi 13 juin

Dans un contexte de forte hausse des prix et de tentatives de contention de la colère par le gouvernement avec des promesses de miettes, une véritable épidémie de grèves autour de la question des salaires surgie depuis plusieurs mois. Cette vague émerge notamment autour des NAO (Négociations Annuelles Obligatoires) dans de nombreux secteurs, comme cela a été le cas à Leroy Merlin, à l’aéroport de Roissy, chez Kéolis ou encore chez Mechachrome et les travailleurs du social

Aujourd’hui, le magasin de Chronodrive Basso Cambo à Toulouse pourrait rejoindre et enrichir cette dynamique. Ce magasin d’une filiale du groupe Auchan spécialisé dans les courses en ligne, embauche en majorité des jeunes précaires qui travaillent à temps partiels. Ce sont les récentes NAO, signées en avril 2022, qui ont cristallisé la colère et ont montré une nouvelle fois tout le mépris de la direction. Au lieu d’augmenter de façon conséquente les salaires, celle-ci s’est tout simplement alignée sur la hausse automatique du SMIC, avec un accord signé grâce à la complicité du syndicat CFTC. À l’inverse, la CGT Chronodrive appelle dans un tract récent à s’organiser pour revendiquer une augmentation de 7 % pour toutes et tous.

L’entreprise spécialisée dans le « drive » est détenue par la famille Mulliez, septième fortune de France qui cumulait un patrimoine de 24 milliards d’euros en 2021 selon le journal Challenges. Chronodrive a tourné à plein régime pendant les confinements, permettant aux Mulliez d’intensifier le travail et de recourir massivement aux heures supplémentaires, sans que ces dernières soient payées en tant que telles, grâce au mécanisme appelé « modulation » qui permet à l’employeur de lisser les heures de travail sur un semestre. Ainsi, les étudiants en temps partiel que Chronodrive emploie par milliers n’avaient plus accès à leur fac, mais étaient forcés de bosser toujours plus. Dans le même temps, les confinements ont exposé au grand jour le rôle essentiel de ces travailleurs de seconde ligne, qui permettaient à la population de continuer à faire leurs courses sans risquer de se contaminer dans les rayons des supermarchés.

La pandémie a également mis sur le devant de la scène les questions de la précarité dans la jeunesse, avec les scènes de files interminables d’étudiants attendant de recevoir des colis alimentaires. Les travailleurs de Chronodrive s’attaquent aujourd’hui à ce problème à la racine : en luttant contre un patronat qui précarise toujours plus et sans illusions dans les miettes promises par le gouvernement ! Un an après la première grève de l’histoire de l’entreprise contre le licenciement de Rozenn, syndiquée CGT qui avait défendu des victimes de harcèlement sexuel dans l’entreprise, les travailleurs de Chronodrive s’organisent à nouveau, cette fois pour se battre contre la précarité et les salaires de misère que tente d’imposer la direction.

Nous relayons ci-dessous le communiqué de la CGT Chronodrive Toulouse :



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