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Le camarade Quique Ferreyra, ouvrier et militant révolutionnaire argentin nous a quittés

Notre camarade Quique Ferreyra est décédé ce mardi à La Plata (Argentine). Figure emblématique des chantiers navals Astillero Río Santiago d’Ensenada et militant du Parti des Travailleurs Socialistes, il laisse autour de lui un grand vide, pour ses proches, ses collègues de travail et ses camarades de parti.

vendredi 15 janvier

Surnommé affectueusement « Quique » ou « Patalín » par ses camarades de parti et de travail, Miguel Vicente Ferreyra était âgé de 54 ans. Il avait commencé à militer alors qu’il n’était encore que lycéen, au début des années 1980, au sein du Mouvement vers le Socialisme (MAS), à l’époque la plus grande organisation d’extrême gauche trotskyste d’Argentine. Il était, à ce moment-là, inscrit à l’ETARS, le lycée technique dépendant de l’ARS, les chantiers navals d’Ensenada, dans la banlieue de La Plata, la capitale de la province de Buenos Aires, haut-lieu du mouvement ouvrier argentin et bastion de combativité. Il avait finalement été embauché sur les chantiers alors qu’il finalisait l’obtention de son diplôme en suivant les cours du soir.

Aux côtés d’autres militants de premier plan de l’arsenal d’Ensenada comme Miguel Lago, qui nous a quittés il y a quelques jours, à droite de l’illustration, ci-dessus, ou encore José Montes, Quique a fait partie de la toute première cellule ouvrière qui a joué un rôle central dans la fondation et la consolidation du PTS, à la suite de notre rupture avec le MAS, en 1988. Son combat en défense d’une stratégie marxiste révolutionnaire et de l’internationalisme a été décisif au début, notamment, de la construction du PTS, l’organisation au sein de laquelle il a continué à militer, toute sa vie durant.

Dans les années 1990, Quique a été élu délégué syndical de base au sein des ateliers de mécanique, en opposition à la direction bureaucratique du syndicat official, ATE. Au cours de cette décennie, dominée par les politiques d’austérité et de démantèlement des entreprises publiques, il a été l’un des acteurs des bagarres contre la privatisation qu’ont menées les travailleurs des arsenaux contre la politique néolibérale de Carlos Menem, le président de l’époque. Quique, tout comme Miguel Lago, a fait partie de cette génération qui a contribué à ce que l’ARS continue à être un symbole de lutte et de résistance ouvrières alors que, partout ailleurs dans le pays, le rouleau-compresseur néo-libéral avançait.

En 1995, l’avant-garde ouvrière au sein de l’ARS a dû faire face à une autre attaque, extrêmement violente. Le gouverneur péroniste de la province de Buenos Aires, Luis Duhalde, entendait privatiser, à son tour, les arsenaux. Pour ce faire, il lui fallait se débarrasser de l’extrême gauche, raison pour laquelle il avait donné son accord au licenciement de 13 délégués combatifs, tous militants de partis et courants révolutionnaires. Au cours de cette lutte, victorieuse, pour la réintégration des délégués licenciés et contre la privatisation rampante des chantiers navals, Quique était, à nouveau, en première ligne.

Entre 2004 et 2008, il a été réélu délégué, mais cette fois-ci pour la section Structures de l’ARS. Il a fait partie de la fraction révolutionnaire, la « Liste Noire », qui a regagné des mains de la bureaucratie syndicale le comité de délégués de l’arsenal (« cuerpo de delegados »). En 2014, à nouveau, ses camarades le réélisaient délégué syndical.

Quique a pris part à toutes les batailles menées à l’intérieur et à l’extérieur de l’usine par le PTS et sa fraction syndicale, le « Courant Marron » (« Agrupación Marrón »). Au sein de l’ARS, il s’est battu pour la défense des travailleurs les plus précaires et en CDD et pour l’ensemble des droits de ses collègues. En 2018, à nouveau, il a été en première ligne dans la lutte pour l’usine et contre les visées du gouvernement d’alors, dirigé par la gouverneure de droite de la province de Buenos Aires, María Eugenia Vidal. Il a été de ceux qui ont animé le campement de résistance devant les grilles des chantiers, en transmettant la tradition de lutte qui était celle de l’ARS aux nouvelles génération ainsi qu’aux travailleurs et travailleuses solidaires qui se rendaient sur place pour soutenir le combat.

Très grand, doté d’un physique imposant, il n’était pas difficile de repérer Quique dans une manifestation, généralement dans le carré de tête ou en première ligne. Il défendait ses camarades avec la force de son corps et de ses bras, mais également parce qu’il portait en lui, chevillées au corps, les idées du trotskysme et de la révolution socialiste.

Camarade Quique Ferreyra, ¡hasta el socialismo siempre !

Trad. et ed. JBT

Un hommage militant a été rendu, mercredi 13 janvier, aux camarades Miguel Lago et Quique Ferreyra.




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