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Notre classe

Solidarité ouvrière !

Les ouvriers de Derichebourg aero, de la SNCF, de la RATP solidaires face aux attaques du patronat

Les salariés qui ont travaillé non-stop pendant l'épidémie sont aujourd'hui sous le coup d'attaques du patronat, que ce soit à Derichebourg Aero, à la RATP, à la SNCF. Les ouvriers de ces différents secteurs se sont envoyés des messages de solidarité pour continuer le combat !

mercredi 10 juin

A Toulouse, les salariés de Derichebourg Aeronautics Service se sont mis en grève depuis hier contre les attaques de leur direction. Avec Daher, Derichebourg Aeronautics Service est la première entreprise de l’aéronautique à annoncer des plans de licenciements ou de baisses de salaires pour faire payer la crise aux salariés. Les salariés se sont de nouveau réunis aujourd’hui pour construire la mobilisation et préparer les prochaines journées.

Pendant ce temps, avait lieu à Paris un rassemblement de soutien pour Ahmed et Alex, syndicalistes réprimés par la RATP, menacés de licenciements. Ils sont poursuivis pour faits de grèves et de blocages pendant la réforme des retraites mais plus globalement, car ce sont des militants ouvriers combatifs qui ont dénoncé encore récemment pendant le confinement, la logique de la RATP qui préfère appeler la police contre les salariés pendant la réforme des retraites, les ficher et réprimer les syndicalistes plutôt que de prendre des mesures pour ses usagers et ses salariés face au Covid-19.

Le 16 juin à 11 heures, avant la manifestation des soignants, à la gare Saint-Lazare aura lieu un autre rassemblement pour un syndicaliste réprimé par la SNCF. Eric Bézou est menacé de licenciement depuis désormais plus d’un an. Syndicaliste de terrain combatif depuis plus de 20 ans, il défend sans faiblir tous ses collègues face au management brutal de la SNCF. Gilet jaune, il prend également part à toute les luttes pour défendre la cause des ouvriers, des exploités et des opprimés. La SNCF cherche à tout prix à s’en débarrasser et à l’attaquer le plus souvent possible comme elle sait le faire avec tous les ouvriers qui relèvent la tête et choisissent la voie de la lutte collective. Il y a plus d’un an, alors qu’il était accusé par une supérieure de ne pas avoir la bonne « posture », Eric s’est agenouillé face à elle en signe de défiance pour lui demander si c’était la posture requise. Pour cela la SNCF a demandé son licenciement.

« La chose qui les a totalement déconcertés, et rendus furieux, c’est que Eric Bezou en se mettant physiquement à genoux se relevait politiquement – en leur montrant leur vérité, la vérité qu’ils ne veulent pas voir, celle qu’ils sont prêts à tout pour la dénier : la vérité du capitalisme, la vérité du salariat, la vérité de la subordination hiérarchique. En fait ce qu’a fait Eric Bezou, c’est un coup de génie : pousser en apparence la subordination jusqu’à son summum, mais pour la subvertir dans un geste d’insubordination réelle. On comprend que ses chefs n’aient pas aimé… » a déclaré Frédéric Lordon dans une vidéo de soutien. Comme Eric est salarié protégé, l’inspection du travail a dû se prononcer sur son licenciement et l’a refusé. C’est désormais à la ministre du Travail de trancher et dès le déconfinement, un courrier a été adressé à Eric Bézou qui laissait entendre qu’il serait licencié.
De nombreuses voix se sont faites entendre pour le soutenir.

Le point commun entre toutes ces histoires ? De Derichebourg, à la SNCF en passant par la RATP, ce sont des salariés qui ont été en première ligne pendant la pandémie, qui n’ont pas arrêté de travailler. C’est eux qui ont rappelé au monde que sans travailleurs, il n’y a pas d’économie. Ces héros que l’on applaudissait avec les soignants à 20 heures pendant le confinement sont désormais remerciés par des licenciements et des baisses de salaire : c’est ce que nous promet leur monde d’après ! Comme le dit Eric, « En première ligne durant le confinement, je suis maintenant un homme à abattre » !

Depuis le rassemblement pour Ahmed et Alex, des salariés de la SNCF, de la RATP des profs ont tenu à témoigner leur solidarité et à envoyer tous leurs encouragements aux salariés de Derichebourg en lutte !

Pendant leurs rassemblements d’hier et d’aujourd’hui, les salariés de Derichebourg Aeronautics ont participé à la campagne de photos en soutien des trois syndicalistes réprimés !

De Paris à Toulouse, pas de baisses de salaires, pas de licenciements (ni économiques, ni répressifs), les salariés ne paieront pas la crise économique !




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