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Les directions syndicales reçues par Guerini en pleine bataille des retraites : il n’y a rien à négocier !

Le 10 janvier, Stanislas Guerini expliquait fièrement à la télé comment il allait saigner les fonctionnaires avec la réforme des retraites. Une véritable déclaration de guerre ! Pourtant, en pleine bataille, la totalité des directions syndicales de la fonction publique a choisi de poursuivre le dialogue social avec le ministre.

Joël Malo

25 janvier 2023

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Aux côtés d’Elisabeth Borne, le 10 janvier lors de la présentation de la réforme des retraites se tenait Stanislas Guerini. Le fondateur et ancien dirigeant d’En Marche, désormais Ministre de la Fonction publique, venait expliquer aux fonctionnaires toutes les « avancées » bricolées dans cette loi pour faire passer la pilule : tous les fonctionnaires bosseront deux ans de plus !

Aussi, les fonctionnaires étaient massivement mobilisés et en grève le 19 janvier partout en France. Malgré l’ampleur de cette date de mobilisation, le gouvernement reste inflexible sur le recul de l’âge de départ et l’augmentation du nombre d’années à travailler, tout en cherchant à vendre la moindre ficelle qui permettrait de faire accepter la réforme et pourquoi pas faire sortir une organisation du front intersyndical...

… mais les directions syndicales continuent le dialogue social !

Pourtant, malgré la levée de boucliers de toutes les fédérations de la fonction publique face à la réforme et la mobilisation en cours, le dialogue social avec Guerini continue ! Depuis vendredi dernier, le ministre reçoit en effet une par une les organisations syndicales pour évoquer « l’agenda social 2023 ». Ainsi, le 20 janvier ce sont FO et l’UNSA qui ont rendu visite à Guerini, ce mercredi matin, c’était au tour la CFDT puis la CGT, tandis que la FSU et la FA-FP (Fédération Autonome – Fonction Publique) sont attendues le 26 janvier, avant de conclure avec Solidaires et la CFE-CGC le 30.

Annoncées dans un courrier envoyé le 20 décembre aux organisations syndicales, précisant que les réunions auraient lieu après les annonces sur la réforme des retraites, ces rencontres visent à discuter « prévoyance », « parcours et rémunérations », « amélioration de la vie au travail » mais aussi à avancer vers une « pratique accrue du dialogue social ». Des rencontres organisées dans l’opacité la plus totale, syndicat par syndicat, qui renvoient un signal catastrophique.

En effet, en maintenant le dialogue avec Stanislas Guerin, les dirigeants des fédérations de la fonction publique laissent entendre qu’il y aurait des choses à obtenir en taillant le bout de gras avec des ministres. En plein milieu d’un mouvement qui a mis 2 millions de personnes dans la rue, ceci ne peut que détourner de la priorité, à savoir construire un rapport de force immense contre la réforme des retraites, pour des augmentations de salaire ou pour des améliorations des conditions de travail dans tous les secteurs.

Des discussions en lien avec la réforme des retraites ?

D’autant que le sujet des discussions n’est pas déconnecté de la réforme des retraites. Ainsi, ce lundi, Stanislas Guerini a voulu faire avaler la pilule de la réforme en évoquant des éléments « d’amélioration de la gestion des carrières » pour les fonctionnaires. Une question qui peut entrer dans le champ des discussions de l’agenda social 2023.

De même, Céline Verzeletti, secrétaire confédérale CGT, réagissait aux annonces sur les retraites le 10 janvier dernier auprès de La Gazette des Communes en dénonçant le fait que les primes ne permettent pas de cotiser pour les retraites : « nous avons dit au ministre qu’il faut ouvrir le chantier d’une nouvelle assiette, car la Loi de transformation de la fonction publique permet de plus en plus de rémunérer avec des primes ». Avant de poursuivre : « mais il renvoie cela à des discussions à venir dans le cadre du chantier parcours et carrières »… à savoir les discussions auxquelles l’ensemble des fédérations se sont rendues !

Alors que toutes les directions syndicales affirment être fermement opposées au recul de l’âge de départ, entretenir un tel dialogue sur les miettes du gouvernement ne peut que menacer la mobilisation. Les semaines de concertations avec le gouvernement sur l’assurance-chômage puis sur les retraites ont pourtant montré combien ces échanges visaient à retarder la mobilisation et à contenir les directions syndicales sur le terrain institutionnel, et tout ça uniquement pour que le gouvernement puisse finalement se vanter d’avoir pratiqué le « dialogue social ».

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L’urgence est à construire le rapport de forces, les directions syndicales doivent rompre le dialogue social !

Au mois d’octobre, face à la réquisition des raffineurs en grève par le gouvernement, la CGT avait décidé de ne plus se rendre temporairement aux négociations « pour marquer le coup » comme l’expliquera Philippe Martinez quelques semaines plus tard. Face à une offensive historique comme la réforme des retraites, qui va d’ailleurs avec son lot de menaces contre le droit de grève, les directions syndicales doivent rompre toute discussion avec le gouvernement !

Tout ce que les syndicats de la fonction publique sont en train de discuter avec Guerini dans le secret des cabinets ministériels ne peut être utilisé que pour tenter de contenir ou de diviser le mouvement. C’est dans la rue qu’il faudra arracher nos revendications. Pour cela, il faut un plan. Or, force est de constater que la stratégie qui domine au sein de l’intersyndicale est une logique de pression, faite de journées isolées, qui s’articule avec des discussions en coulisses avec le pouvoir. Une logique qui a fait la preuve de son inefficacité dans tous les mouvements de ces vingt dernières années.

A l’inverse pour gagner, il faut construire une grève reconductible et lancer toutes les forces de notre classe dans la bataille. Il y a urgence à travailler en ce sens en multipliant les AGs dans les entreprises et lieux d’études ainsi que les AGs interprofessionnelles, afin de construire une mobilisation du 31 janvier la plus forte possible, qui serve de tremplin vers 72h de grève aux côtés des raffineurs le 6 février avant un départ en reconductible.


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