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Ni amendable, ni négociable !

Retraites. Borne fébrile avant les concertations : il n’y a rien à négocier, il faut préparer la riposte !

A quelques jours de l’annonce de la réforme des retraites, la Première ministre est apparue très à la défensive ce mardi matin sur France Info. Pourtant, elle parie sur de dernières concertations pour briser le front syndical. La réforme des retraites n'est ni amendable ni négociable, il faut amorcer la riposte !

Paul Morao

3 janvier

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« 65 ans n’est pas un totem » a notamment affirmé clairement Borne. Certes, la possibilité de reculer sur l’âge de départ à la retraite pour aller vers 64 ans a été anticipée par le gouvernement depuis le départ et fait d’ailleurs l’objet de négociations ces dernières semaines avec Les Républicains. Pourtant, l’affichage de la possibilité d’un recul avant même la présentation de la réforme témoigne de la fébrilité de l’exécutif.

Dans le même sens, Elisabeth Borne a déclaré que le gouvernement n’augmenterait pas la durée de cotisations. « Nous n’irons pas au-delà des 43 années prévues dans la réforme Touraine » a ainsi expliqué la Première ministre, écartant a priori la possibilité d’une réforme associant recul de l’âge de départ et allongement de la durée de cotisation même si l’accélération de l’application de la réforme Touraine pourrait rester sur la table. 

Finalement, sur la réforme de l’assurance-chômage et la possibilité de réduire la durée d’indemnisation de 40%, Elisabeth Borne a affiché un autre recul potentiel. « J’entends que ce point n’a peut-être pas suffisamment fait l’objet de discussions, donc nous allons retirer ce troisième niveau du décret qui entrera en vigueur au 1ᵉʳ février » a-t-elle ainsi expliqué, tout en souhaitant remettre ce sujet « dans la concertation sur les futures règles de l’assurance-chômage. » Des déclarations prudentes après le tollé suscité à Noël par cette attaque supplémentaire, notamment du côté de la CFDT.

Si toutes ces annonces de Borne n’engagent que celles et ceux qui y croient, elles témoignent de sa crainte de la rue et de la volonté d’éviter de froisser les syndicats réformistes avant la présentation de la réforme des retraites en se montrant ouverte à la négociation. A une semaine du 10 janvier, Elisabeth Borne mise en effet tout sur les concertations qui commencent ce mardi, avec l’objectif clair de détacher ou de neutraliser la CFDT pour affaiblir le front syndical. Un tout pour le tout dans le cadre duquel c’est la Première ministre en personne qui assurera les discussions à la place de Olivier Dussopt. 

Alors que les concertations ouvertes ce mardi ne peuvent apparaître comme autre chose qu’une façon de fragiliser la contestation contre la réforme des retraites, le choix de l’ensemble des directions syndicales, de la CFDT à la CGT, d’y participer est un véritable scandale. Le gouvernement tremble, le rejet de sa réforme est massif et un recul de l’âge de départ à la retraite n’est ni amendable ni négociable : l’heure devrait être à stopper toutes « négociation » et à l’annonce d’un plan de bataille à la hauteur de l’attaque qui se prépare, sans attendre le 10 janvier.

Car si Borne et Macron sont loin d’être sereins, ils restent déterminés à nous faire travailler plus et ne reculeront pas facilement sur cet objectif. D’ailleurs, le gouvernement n’hésite pas à préparer d’autres attaques, et Borne a évoqué ce matin la possibilité d’une offensive contre le droit de grève à la SNCF après les mobilisations à Noël. Ainsi, pour les faire reculer, c’est d’une grève massive et reconductible que nous avons besoin, mobilisant l’ensemble des travailleurs contre la réforme des retraites mais aussi pour des augmentations de salaires. Pour l’instant, les directions syndicales restent silencieuses et réservent leur parole aux salons de Matignon. Une attitude qui ne peut que retarder la préparation du combat et fragiliser notre camp.


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