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SNCF. Jusqu’à 1500e pour les non-grévistes, la direction assume une prime de casseur de grève

Alors que la bataille contre la réforme des retraites se poursuit, la direction de la SNCF se permet des versements de primes allant jusqu’à 1500 euros pour les non-grévistes. La logique est claire, casser le mouvement à tout prix.

vendredi 31 janvier

En cette fin de semaine, certains cheminots ont commencé à recevoir des primes bien particulières, une « gratification exceptionnelles » pour ne pas avoir fait grève :

Dans ce cas ce sont 500 euros qui sont versés pour la « grande disponibilité dans le cadre du mouvement de grève  », ces primes pourront aller jusqu’à 1500 euros ! Plusieurs syndicalistes l’ont rappelé, ce type de versement exceptionnel existait déjà auparavant, mais cette fois la direction de la SNCF l’affiche de manière plus décomplexée, on peut même parler d’une offensive ouverte contre la mobilisation, cette prime « casseurs de grève » visant à instaurer deux camps dans l’entreprise.

Alors que dans un même temps, les grévistes les plus déterminés contre la réforme des retraites et la politique générale du gouvernement, voit arriver les fiches de paie à 0 euros. C’est une provocation sans nom que la direction de la SNCF se permet pour affirmer sa bataille interne contre la mobilisation.

De plus, alors que la direction de la SNCF et le gouvernement passent leur temps à parler de déficit dans l’entreprise, justifiant toute les contre-réformes, maintenant les mauvaises conditions de travail et les salaires bas, il semble que d’un coup, des fonds soient disponibles. Une fois encore on voit que le choix est clair, pour casser une grève tous les moyens sont bons.

La matraque pour ceux qui se battent, des primes pour ceux qui triment

Depuis le début de la mobilisation, les secteurs d’avant-garde de la grève subissent une répression importante, chaque matin sur les piquets de grève de la RATP une présence policière systématique s’est confrontée aux travailleurs en lutte, de même en manifestation où les coups de matraques ont été l’unique réponse du gouvernement face à la mobilisation. Plus récemment, la répression contre les grévistes s’est poursuivie sous d’autres formes : menace de révocations, assignations au tribunal, … Une offensive importante pour tenter de mettre un terme à un mouvement de grève qui ne fait que reprendre son souffle.

Le second volet est donc celui de la « valorisation » de ceux qui n’ont pas participé à la mobilisation. À travers ces primes, la direction de la SNCF met en avant le professionnalisme de certains agents, mais il faut rappeler les conditions de travail parfois très dangereuses dans lesquelles certains cheminots se sont mis durant la grève, en enchaînant des heures supplémentaires sur des postes d’aiguillages par exemple, c’est ce type de journée de travail que valorise la direction de la SNCF.

Enfin, il ne faut pas oublier que dans un même temps, une discussion s’est ouverte au Sénat autour de la réquisition des grévistes, une attaque directe au droit de grève qui viendrait compléter l’arsenal déjà existant des patrons et du gouvernement.

Réponses collectives face à la répression et aux promoteurs des casseurs de grèves

Face à cela, les réponses se multiplient, à la RATP, après de nouvelles convocations individuelles, certains dépôts ont reconduit la grève jusqu’à la date des convocations.

Sur la question des primes SNCF, la légalité de celles-ci a déjà été remise en cause, des procédures judiciaires contre la direction de la SNCF seront menées :

Enfin, certains cheminots auraient d’ores déjà annoncé reverser ces primes dans les caisses de grèves, un acte minimum qu’il serait bon de généraliser. En réalité, la question des primes reste une problématique importante, dans, et en dehors des conflits sociaux. Ce sont des augmentations de salaires, pour tous les cheminots, qu’il s’agit de demander non des primes ponctuelles, bien que celles-ci, allant jusqu’à 1500 euros soient très alléchantes.

« Qu’ils ne recommencent plus »

Il y a une réelle volonté de la part du gouvernement de profiter de la reprise de souffle de la mobilisation pour attaquer, partout où c’est possible. Par les procès, par les huissiers, par les primes, les révocations et par la matraque, tous les moyens sont bons, les patrons et le gouvernement sont bien conscients que le créneau est important, alors que la mobilisation peut reprendre à tout moment, avec jusqu’aux derniers jours de la dynamique de fortes grèves, un large soutien de la population. Il s’agit pour le gouvernement de diviser le camp des exploités, il s’agit pour nous de tirer des bilans, proposer un plan de guerre pour que la prochaine bataille soit une victoire.

Crédit photo : AFP