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Jeunesse

Répression policière

VIDEO. A Paris la police réprime les lycéens, et vérifie les carnets de correspondances à Colbert

Le dispositif policier déployé depuis ce matin aux abords des lycées parisiens est impressionnant. Les CRS matraquent, gaz et filtrent les lycéens pour empêcher les blocages alors qu'un rassemblement est prévu à 14h30 aux côtés des profs pour réclamer des mesures sanitaires et des embauches dans l’Éducation Nationale.

mardi 10 novembre

Photo : capture d’écran vidéo Le Media

Ce matin les lycéens de Bergson (19ème) et Colbert (10ème) à Paris avaient à nouveau décidé de bloquer leurs établissements pour réclamer des mesures sanitaires à la hauteur et se rendre à la manifestation aux côtés des enseignants et personnels de l’éducation prévue à 14h30 Rue du Bac près du ministère.

Mais le dispositif policier avec plusieurs camions de CRS déployé devant les établissements a eu raison des blocages. Et pour cause, la police les a empêché et réprimé à coups de matraque et de gaz lacrymogène comme elle avait déjà tenté de le faire la semaine dernière.

Au lycée Louis Armand également dans le 15ème arrondissement de Paris, un énorme dispositif policier a été déployé contre les lycéens.

Face aux revendications des lycéens qui réclament des mesures sanitaires à la hauteur dans les établissements scolaires alors que la seconde vague de Covid19 s’annonce plus importante et meurtrière que la première, le gouvernement a donc répondu encore une fois par la répression. Après avoir réprimé les lycéens, la police a ainsi filtré l’accès au lycée Colbert en vérifiant les carnets de correspondance et les emplois du temps des élèves.

Dans les rues adjacentes au lycée Bergson la police a poursuivi les lycéens en les menaçant avec des LBD, tandis qu’au lycée Georges Brassens la police a également réprimé pour empêcher le blocage. Au moins un lycéen a été interpellé et emmené au commissariat du 19ème où un rassemblement doit avoir lieu pour exiger sa libération. Dans d’autres villes de France également la police a été déployée pour empêcher les blocages, comme à Rennes.

Le dispositif policier déployé contre les lycéens est impressionnant et montre la volonté du gouvernement d’étouffer la colère dans la jeunesse par la répression. Ainsi les lycéens sont non seulement en première ligne face à l’épidémie, les établissements scolaires étant parmi les seuls lieux publics à rester ouverts pendant le confinement sans que des moyens supplémentaires aient été alloués pour embaucher et assurer la mise en place de véritable protocoles sanitaires, mais aussi en première ligne face à l’offensive sécuritaire du gouvernement. D’ores et déjà cette offensive a fait plusieurs blessés comme à Saint-Nazaire ou à Compiègne.

Face à la répression policière la solidarité est notre arme. Les organisations syndicales d’enseignants et le mouvement ouvrier doivent dénoncer l’offensive sécuritaire qui s’abat en particulier sur les lycéens qui réclament des mesures sanitaires à la hauteur. D’autre part, alors que Jean-Michel Blanquer a reculé la semaine dernière sous pression de la mobilisation, en laissant dans les lycées la possibilité de recourir à un fonctionnement de dédoublement des classes en demi-groupe pour éviter le brassage des élèves, il s’agit de refuser que le poids de ces protocoles sanitaires retombe sur les personnels précaires de l’éducation tels que les Assistant d’Éducation (AED) ou les personnels de nettoyage et de cantine sommés de faire deux fois plus de travail. A ce titre, exiger des moyens supplémentaires et des embauches de profs et personnels de l’Éducation Nationale comme une mesure d’urgence est un moyen de faire face à la crise sanitaire tout en s’attaquant au chômage de masse conséquence de la crise économique.




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