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Politique

Une première !

Action CFDT. Laurent Berger porte plainte contre des grévistes !

Invité de Jean-Jacques Bourdin ce matin, Laurent Berger a réitéré sa volonté de porter plainte contre les grévistes de la Coordination RATP-SNCF. Une attaque inadmissible contre des travailleurs en grève, venus exprimer leur colère et leur détermination pacifiquement, de la part de la direction de la CFDT, main dans la main avec le gouvernement pour réprimer le mouvement social.

lundi 20 janvier

« Il ya un rendez-vous à 9h30 ce matin au commissariat pour que quelqu’un de chez nous dépose plainte. Pour intrusion, pour violences, pour insultes, pour intimidation auprès de salariés, pour crachat par exemple. ». Invité de Jean-Jacques Bourdin ce matin, Laurent Berger n’a pas mâché ses mots pour calomnier les grévistes de la Coordination RATP-SNCF qui organisaient vendredi dernier une action symbolique d’interpellation de la direction de la CFDT dans leurs locaux parisiens.

« Ce qui s’est passé vendredi c’est violent, c’est une forme d’agression. » a insisté le secrétaire général de la CFDT. Alors que depuis le vendredi, l’action pacifique et symbolique des grévistes suscite un tollé médiatique, c’est un véritable front unis avec Macron en personne qui s’est fait entendre pour condamner l’action des grévistes.

La violence dont on les accuse ? Quelques slogans chantés (« On est là, même si Berger ne veut pas nous on est là » ; « Et nous on fait grève, et toi tu trahis ») et un discours clair, énoncé par Anasse Kazib au cours de l’action, qui précise l’objectif des grévistes. Nous sommes venus interpeller « Laurent Berger [qui] nous fait du mal au quotidien, parce que c’est celui qui, aux côtés du gouvernement, négocie la régression sociale » expliquait ainsi le cheminot au mégaphone, avant de préciser vouloir « dénoncer non pas la CFDT, parce qu’il y a des adhérents qui militent à la CFDT et on est pas contre eux [mais] ces bureaucrates et leur champion Laurent Berger ».

En effet, cette action, portée par la Coordination RATP-SNCF qui réunit des figures de 14 dépôts de bus, de lignes de métro (RATP) et de gares et technicentres (SNCF) parisiens, syndiquées et non-syndiquées, visait à exprimer un ras-le-bol, celui des grévistes qui voient la direction de la CFDT négocier sur son dos depuis le début de la mobilisation, et tenter de siffler la fin de la partie sous prétexte d’une « concession » sur l’âge-pivot.

« Ce qui dérange c’est que la CFDT propose. Elle est dans la nuance, on essaye de construire des solutions concrètes pour les travailleurs, c’est peut-être ça qui n’est pas apprécié. » a avancé quant à lui Laurent Berger pour justifier l’action, ignorant ainsi les propos pourtant très clairs des grévistes eux-mêmes. La plainte de la CFDT contre les grévistes constitue ainsi une attaque inédite d’un syndicat contre des travailleurs en lutte, qui souligne avec clarté le rôle de la direction syndicale qui, main dans la main avec le gouvernement, tente de faire taire la contestation.

Mais, dans cette campagne offensive contre les grévistes, Laurent Berger a pu se prévaloir du soutien d’autres organisations du mouvement ouvrier. « Les personnes qui se sont introduites dans les locaux de la CFDT se dénomment la Coordination RATP-SNCF. Certains sont peut-être syndiqués, ce qui est sûr c’est que ça n’a pas été soutenu par d’autres organisations syndicales. (…) Que ce soit CGT ou FO, [elles] ont dit que c’était inacceptable. » a-t-il noté. Une justification qui démontre à quelle point la prise de position de la direction de la CGT est nocive pour les grévistes, en venant alimenter le discours de leurs ennemis les plus avoués.

Une prise de position qui a d’ailleurs suscité la polémique dans la CGT même, de nombreux syndicalistes se désolidarisant du texte à l’image de la section CGT RATP du dépôt de bus de Flandre, soutenue par les autres sections CGT RATP Bus des dépôts d’Aubervilliers, Ivry, Vitry, Thiais, Pavillons-sous-Bois, Paris Belliard, Croix-Nivert, MRB Bord-de-Marne, Pleyel et Saint-Denis.




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