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Renault accuse 7,3 milliards de pertes et prépare un gigantesque plan d’austérité

Renault a annoncé une perte nette de 7,3 milliards d'euros. Tout le monde s'émeut : 'c'est la première fois que ça arrive dans leur histoire.' Mais ça présage surtout de très dures attaques contre les salariés.

jeudi 30 juillet

Crédit photo:AFP/ARCHIVES - ERIC PIERMONT

Ça y est tous les commentateurs, nous le prédisent et rabâchent : c’est la débâcle pour le groupe Renault. Et si on veut l’éviter il faudra faire encore plus de sacrifices.. Le communiqué de presse du groupe Renault est des plus laconique : tous les feus sont au rouge, avec des baisses partout. En cause toujours, le très sulfureux Carlos Ghosn, toujours bien à l’abri dans une villa au Liban.

Mais ce qui se prépare, c’est une saignée immense sur le groupe Renault : réductions d’effectifs, suppressions de postes, fermetures de sites et flexibilisation à outrance. Et le nouveau PDG du groupe, Luca de Meo qui connaît très bien le secteur automobile, où il est depuis l’age de 20 ans, après être passé par Seat, Fiat, Wolswagen, et Toyota est très clair la dessus : « la réduction drastique de coûts fixes et variables sera l’un des leviers pour redresser la marge à court terme a résumé Les Echos après un entretien avec lui. Ce qui est au centre aujourd’hui se sont les salariés du groupe Renault, qui vont payer le prix fort de cette restructuration, déjà lancée à coup de plan d’économie de 2 milliards d’euros. La perte nette de 7,3 milliards d’euros que le groupe Renault-Nissan a annoncé ce jeudi était déjà dans les cartons ; et c’est maintenant sur l’émotion et le choc que va travailler Luca de Meo pour imposer une « PSA-isation » du groupe Renault, pour imposer « un plan de réduction des coûts d’ici à 2022 ». De la sueur et des larme en perceptive pour les travailleurs ; à moins qu’ils ne s’unissent pour imposer leur choix plutôt que celui des capitalistes.

Ces 10 dernières années le groupe Renault a réalisé 24 milliards de profits

Puisque disons le très clairement, la « chute brutale » ça va avant tout être pour les salariés et la sous-traitance de Renault, puisque pendant des années c’était open-bar pour Renault, avec des profits faramineux : pas moins de 24 milliards sur ces 10 dernières années ! Dix années où les salariés n’ont pas été mieux lotis, mais où les actionnaires ont eux touché le pactole. Et aujourd’hui ce sont les travailleurs qu’ils veulent faire payer. En mettant en place la même stratégie que Carlos Tavares le PDG du groupe PSA . « Il faut privilégier les marges aux volumes » : Luca de Meo veut faire peu de véhicules mais très rentables, avec donc moins de monde et faire un maximum de gains de productivité sur le postes, c’est à dire, en chargeant les postes au maximum . C’est la même politique de rentabilité du groupe PSA avec des fermetures de sites, des postes supprimés et 25 000 salariés en moins , en moins de 5 ans : voilà le régime que va proposer le nouveau PDG aux salariés.

Des usines de constructeurs jusqu’aux sous-traitants : avoir un plan de bataille pour gagner

Il faudra avoir des liens partout, se coordonner entre les usines du groupe Renault mais également en dehors avec le reste de la filière automobile, chez PSA etc. Nous ne gagnerons pas boîte par boîte mais ensemble. En refusant la stratégie de dialogue social, qui divise les usines et les secteurs, et nous éloigne les uns des autres sur la petite musique du « notre site est plus compétitif que les autres » Non il faudra défendre ensemble chaque usine, chaque poste de travail.

On ne doit accepter aucune suppression de postes, n’y aucune fermeture d’usines, et exiger qu’ils nous montrent les livres de compte de l’entreprise de Renault et de Nissan . Et pas des montages financiers où il manque des milliards qui sont partis chez les actionnaire depuis des années. Les 5 milliards de prêt garantis doivent servir à maintenir tous les emplois et pas aider à renflouer la liquidité de l’entreprise tout en supprimant des milliers d’emplois.




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