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Bloquons Blanquer !

Toulouse. Grève du bac : 800 profs en AG, la grève reconduite !

Ce matin, premier jour du bac avec l’épreuve de philosophie : 800 personnels de l’éducation nationale de Haute-Garonne ont reconduit la grève à demain. Au programme, des actions devant des lycées, puis une manifestation dans le centre-ville. Une nouvelle assemblée générale aura lieu demain pour discuter des suites du mouvement.

lundi 17 juin

« Aujourd’hui, c’est mon tout premier jour de grève. » Devant le lycée St Sernin, des centaines de grévistes accueillent les lycéens qui viennent de finir leur première épreuve du bac. Jusqu’à présent, un noyau d’environ 200 grévistes était mobilisé sur une grève dure, reconductible, contre les réformes Blanquer. Ce matin, des centaines de nouveaux grévistes se sont mobilisés, en ce premier jour des épreuves du bac. Cet enseignant stagiaire nous explique, que bien qu’il puisse légalement être en grève, les pressions et menaces de sa hiérarchie ne le lui avaient pas permis jusque là. Plusieurs centaines de nouveaux grévistes se sont donc mobilisés sur cette première journée de bac dont un appel à la grève avait été émis par l’AG des grévistes et l’intersyndicale nationale.

Dans la matinée, les centaines de grévistes se sont retrouvés devant le rectorat. L’AG massive, a donc eu lieu, comme un pied de nez, face à l’instance hiérarchique de l’éducation nationale. Les votes ont été sans appel : la reconduction de la grève a été plébiscitée. Consciente de la nécessité d’étendre la grève nationalement, l’AG a appelé l’intersyndicale nationale « à se positionner en faveur de la reconduction de la grève dès demain, et à appeler à deux journées nationales de grève les jeudi 20 et 27 juin. »

Une action symbolique devant le lycée Stéphane Hessel a aussi eu lieu en cours de matinée (sans pour autant perturber les épreuves du bac), pour montrer l’opposition ferme des personnels de l’enseignement face aux réformes Blanquer. Par la suite, les grévistes ont accueilli les lycéens qui sortaient de l’épreuve de philosophie sous une pluie de confettis, une ola, dans une ambiance festive. La chorale de grévistes s’en est donnée à cœur joie sur les notes du « On est là, même si Blanquer ne le veut pas, nous on est là ! ». Les lycéens de première étaient ensuite invités à prendre une photo souvenir sous une banderole « 2019. Last bac, j’y étais. ». Nul doute, que cette première journée d’épreuve restera gravée dans leurs mémoires.

Par ailleurs, des affiches avec de faux sujets du bac, ont été collées dans toute la ville. Sur les fenêtres du lycée St Sernin, on pouvait retrouver certaines d’entre elles, critiques face aux contre-réformes Blanquer, et à la libéralisation de l’enseignement à marche forcée. « La confiance peut-elle s’imposer par une loi ? », interpellent les grévistes, en référence à la « loi pour une école de la confiance » de Blanquer, qui va amplifier les inégalités scolaires. « L’exemplarité est-elle garante d’une bonne éducation ? » A propos de l’article sur le devoir de réserve qui amplifie le musellement du corps enseignant, et porte une estocade à sa « libre expression », y compris en dehors des heures de cours.

Les personnels de l’éducation ont ensuite repris des forces autour d’un « pique-nique revendicatif » au square Charles de Gaulle. Puis, une manifestation dynamique et combative, qui a regroupé environ 800 grévistes, a arpenté le boulevard Carnot entre Jeanne d’Arc et le monument aux morts. Sous un soleil de plomb, cette journée de mobilisation en appelle d’autres. Demain, les grévistes se retrouveront en assemblée générale pour débattre de la reconduction du mouvement et de son amplification.

Si Blanquer avait trouvé des remplaçants pour la surveillance du bac aujourd’hui (enseignants précaires, agents d’entretien, enfants de directeurs d’établissement, etc.), la reconduction de cette grève sur plusieurs jours de baccalauréat pourrait inverser le rapport de force. Les directions des syndicats qui ont appelé à cette journée de grève doivent suivre l’avis des grévistes, massivement exprimé en assemblée générale, en faveur de la poursuite de la grève. Les attaques de Blanquer sont trop graves pour rester au milieu du gué !




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