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Notre classe

Offensive patronale

Le groupe Dubreuil veut « réduire le poids de la masse salariale » chez Air Caraïbes et French Bee

L’offensive contre les travailleurs commence à être ouvertement avancée par le grand patronat en cette période de déconfinement. L’aéronautique est le secteur le plus touché, aux attaques de Derichebourg ou Daher s’ajoutent celle de Dubreuil et ses filiales dans l'aérien : French Bee, Air Caraïbes et Air Caraïbes Atlantique.

mardi 19 mai

Crédits photo : AFP

Après avoir fait don de 45 milliards aux entreprises, après avoir gelé les loyers, les factures de gaz et d’électricité du patronat, le gouvernement avait aussi ouvert la porte à la fin des 35h et des congés payés avec la loi d’urgence sanitaire et même permis de travailler jusqu’à 60h par semaine dans certains secteurs.

Récemment on apprenait aussi que cette même loi sur l’état d’urgence sanitaire pourrait précariser encore plus la situation des travailleurs en CDI ou en intérim. Derrière l’appel aux « efforts partagés » le gouvernement peine à cacher que la « relance de la machine économique » va se faire sur le dos des travailleurs et au profit du grand patronat.

L’offensive préparée soigneusement par l’Etat commence à être ouvertement prise par le grand patronat en cette période de déconfinement. Les attaques contre les acquis sociaux et les plans de licenciements massifs commencent à voir le jour. Que ce soit chez Daher, AirBnb, Derichebourg ou AirFrance, le grand patronat n’a qu’un seul mot d’ordre : garantir la rentabilité en réduisant les couts salariaux. Et cela sous la forme de plans sociaux, de départs volontaires chiffrés, de non renouvellement de contrats ou de suppression des acquis sociaux. A cette liste s’ajoute aujourd’hui le group Dubreuil et ses filiales dans l’aérien : French Bee, Air Caraïbes et Air Caraïbes Atlantique.

En effet, comme le relevait La Tribune « dans un courrier envoyé aux salariés que La Tribune s’est procuré, Jean-Paul Dubreuil et Pierre-Henri Dubreuil, respectivement président du conseil de surveillance et président du directoire du groupe éponyme indiquent viser une baisse "de 10% des coûts sociaux" de son pôle aérien, composé d’Air Caraïbes, Air Caraïbes Atlantique et French Bee ». Les patrons veulent « opérer moins cher » et cela par le biais « d’un plan d’amélioration de la performance », d’une réduction de « 10% des couts sociaux », et le non renouvellement des CDD (250 environ sur 1400), et de « négocier des baisses de coûts auprès de des sous-traitants et fournisseurs ». En d’autres mots : augmentation de cadences, suppression d’acquis sociaux et d’emplois, et enfin pression sur le salaire des travailleurs de ses sous-traitants.

Cependant, l’accord n’est pas encore passé et l’attaque de la direction pourrait être remise en cause par les salariés. Comme l’écrit La Tribune « Des négociations ont débuté avec les syndicats d’Air Caraïbes, d’Air Caraïbes Atlantique et de French Bee, avec l’objectif d’aboutir à des accords fin mai-début juin. Un échec risque néanmoins de se traduire par une dénonciation des accords collectifs et des usages ». Les débrayages et l’usage droit de retraits collectifs qu’on a vu au début de l’urgence sanitaire, laissent penser que l’offensive du patronat n’ira pas sans résistance.

La crise sanitaire et économique a démontré encore une fois que ce sont bien les travailleurs qui font tourner la société et que le patronat ne s’enrichisse que sur notre dos. Jean-Paul et Pierre-Henri Dubreuil l’avouent à leur manière quand ils expliquent que « Nous devons dès à présent réduire le poids de la masse salariale pour opérer moins cher et revenir à des fonctionnements bien plus efficaces ». En effet, nos pertes de salaire sont des gains de profits pour ces entreprises, qui va directement dans les poches du patronat. Comme l’exprime Air Journal la décision des patrons Dubreuil ne vise qu’à « se mettre en ordre de bataille pour renouer avec les profits en 2021 ».

En effet, face aux soi-disant difficultés financières qu’agite l’entreprise devant ses salariés, il faut rappeler que la famille Dubreuil a été classe en 2009 entre les 500 plus grandes fortunes de France. En 2019 elle occupait le poste 142 avec une fortune de 650 milliards d’euro. De leur côté le groupe Dubreuil affiche une chiffre d’affaires de 2,2 milliards d’euros en 2019 (9% de plus qu’en 2018) et couvre des nombreux domaines : hôtellerie, poids lourds, machinisme agricole, matériels BTP, énergies, automobile et aérien. Ce dernier secteur occupe une tiers de son activité avec Air Caraïbes Atlantique, Air Caraïbes et French Bee. Les deux dernières filiales se sont converties partiellement au fret depuis le début de la pandémie. A ce qu’il faut ajouter que « le groupe a déposé début mai une demande de prêt garanti par l’Etat même s’il affirmait fin mars disposer d’une trésorerie de 250 millions d’euros dans laquelle il ne compte d’ailleurs pas puiser pendant cette période »

Si le patronat menace des emplois et les conditions de travail et de vie des salariés, les travailleurs doivent pouvoir avoir un droit de regard sur tout l’argent dont disposent les patrons, leurs salaires et les dividendes cumulés pendant ces années. Ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise ! Face à l’offensive du gouvernement et du patronat nous devons imposer l’interdiction des licenciements, et refuser tout baisse de salaire.




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