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Notre classe

PSA veut remettre au boulot 400 000 salariés avec l’appui de FO, la CFE-CGC, la CFDT et la CFTC

Dans sa soif de profits, le groupe PSA veut faire redémarrer ses usines. Pas pour fabriquer des respirateurs ou des masques, mais pour produire des voitures. Le plus grave dans cette offensive, c'est qu'il sont prêts à envoyer à la mort les ouvriers. 4 syndicats ont signé un accord pour un redémarrage des usines du groupe PSA, il s'agit d'une trahison des salariés.

mardi 7 avril

© Benoit Tessier / Reuters

4 syndicats ont signé un accord pour un redémarrage des usines : une trahison des salariés

Comme chez Renault, un accord des plus scandaleux a été signé par FO, la CFE-CGC, la CFDT et la CFTC. Ainsi, les ouvriers vont verser un jour de congé (deux jours pour les cadres) dans un fonds de solidarité qui va être mis en place. Celui-ci sera uniquement alimenté par les salariés pour se payer le chômage partiel à 100 %. Les intérimaires, eux, sont exclus du dispositif. Plus grave encore, les congés payés seront décalés : deux semaines en été, et modifiables à tout moment par la direction. Il s’agit donc d’un accord de recul social, visant surtout à faire reprendre le travail à l’heure du confinement et alors que l’urgence serait que seuls les secteurs essentiels travaillent.

Des masques mis a disposition de PSA pour faire des voitures : un scandale !

D’après les informations disponibles, le groupe PSA pourrait disposer de masques à hauteur de 600 000 par semaine, soit 2,5 millions de masques par mois pour les usines qui font des voitures. Si nous rajoutons les sous-traitants, cela ferait beaucoup plus, alors qu’il en manque énormément pour les secteurs prioritaires – les soignants, les EHPAD ou encore les éboueurs, le nettoyage, les transports ou le commerce.

Et n’oublions pas que PSA a acquis le groupe Opel et va fusionner avec Fiat et Chrysler. Le groupe PSA a fait plus de 3 milliards de bénéfices. À tel point que le magazine Challenges a indiqué que le groupe PSA est mieux préparé financièrement pour faire face que pendant la crise de 2008.

1,1 milliards versés aux actionnaires en juin

Par contre, le groupe PSA va privilégier ses actionnaires et le 25 juin, 1,1 milliards d’euros de dividendes seront versés, en pleine crise sanitaire et économique. Là, pas de soucis de versement de liquidités, par contre les salariés, eux, continuent de perdre 16 % et PSA ne met rien en place à part l’imposition aux salariés de congés réduits et décalés !

Il faut utiliser cet argent pour les travailleurs, ceux qui produisent les richesses, pas pour les actionnaires d’un groupe milliardaire qui ne pense qu’à faire encore plus de bénéfices et ce malgré les milliers de morts dans le monde !

Le groupe PSA a contracté un prêt de 3 milliards pour faire face au coronavirus

Le groupe PSA, qui est plein aux as, a contracté un prêt auprès des banques pour faire face à la pandémie. Le groupe veut privilégier les actionnaires et l’investissement et pouvoir finaliser la fusion avec Fiat-Chrysler.

Ainsi, PSA a contracté un prêt de 3 milliards, et ceci pour payer les salaires de milliers de salariés, comme le souligne dans un communiqué le directeur financier Philippe De Rovira. Surprenant quand on sait que fin 2019, le groupe disposait de 3,26 milliards dans le secteur automobile, avec une position financière de 10,6 milliards et 23 milliards de sécurité financière, dont 17 milliards de cash avec l’équipementier automobiles Faurécia dont PSA détient 46 %. Autant dire que de l’argent, il y en a, mais pas pour le salariés !

Dans ce cadre, signer un accord où les seuls qui vont payer la note, ce sont les 400 000 salariés de PSA, tandis que que l’argent coule à flots, c’est une insulte aux salariés, mais également à la population, à toutes celles et ceux qui aujourd’hui se battent contre le virus, à celles et ceux qui sont en première ligne.

Un programme d’action pour passer a l’offensive contre les capitalistes chez PSA comme pour l’ensemble de la classe exploitée

Cette crise sanitaire aura démontré une chose, c’est que la classe ouvrière est la principale force en action pour faire face à la crise et la seule à pouvoir lui trouver des solutions. Cela nous donne une force immense et une responsabilité à devoir nous battre et passer à la contre-offensive. Puisque en plus de la crise sanitaire il y aura une crise économique, la classe dominante voudra nous faire payer pour que le capitalisme puisse survivre, quitte a faire des morts pour le préserver.

Dans le cadre du confinement, il nous faut continuer à exiger l’arrêt des productions non-essentielles pour la lutte contre le virus. Il nous faut aussi nous organiser dès aujourd’hui pour faire payer le patronat à 100 % pour tous les salariés fixes, intérimaires, ainsi que les sous-traitants ; pas question de mourir pour faire des voitures ! Ce n’est pas à nous de payer la crise, nous revendiquons donc les mesures suivantes :

- Ouverture des livres de comptes de PSA et des sous-traitants, afin d’imposer que cet argent soit utilisé pour reconvertir les usines, pour fabriquer des respirateurs et du matériel médical, non pas des voitures. Tout cela sous le contrôle des travailleurs.

- Suppression totale des dividendes versés aux actionnaires et les réinjecter pour aider les hôpitaux et les soignants, pour réquisitionner et nationaliser les usines sous contrôle ouvrier.

- Mettre tout l’outil de production – et pas seulement une petite partie qui fonctionne à côté pour les profits – au service de la production de ces respirateurs qui manquent cruellement. Les respirateurs fabriqués doivent être cédés gratuitement aux hôpitaux et à tous ceux qui dans monde en ont besoin. Il serait criminel d’en faire un marché et de vendre des produits qui sauvent des vies au niveau mondial.




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