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Politique

Contre les violences policières et le racisme d’Etat !

"Plus jamais à genoux !". Manif de Barbès à Répu en défense des jeunes du Mantois

Un peu plus d’un millier de personnes pour défiler ce dimanche avec les mamans du Mantois, un an après la violente interpellation de 151 jeunes, le 6 décembre 2018, pour réclamer justice et dignité.

lundi 9 décembre 2019

C’était d’ailleurs le cœur de l’appel lancé par le collectif des mères de ces jeunes interpellé.es : « Pour l’amour de nos enfants, marche des mamans pour la justice et la dignité ». Avec un appel relayé par plusieurs personnalités du monde militant et intellectuel mais aussi des organisations politiques, la manifestation est partie de Barbès peu après 14h30 pour rejoindre la Place de la République.

Dans le cortège, les jeunes et leurs familles, bien entendu. Ils et elles sont là, en première ligne, derrière la banderole. Ils n’ont pas plié, malgré l’humiliation qui’ils ont subie. Mais également, en solidarité, des militants et militantes des quartiers et contre les violences policières, le NPA, le PIR, VP, ainsi que l’UJFP, EuroPalestine, des Gilets jaunes du Mantois, l’AG des établissements en lutte, entre autres.

Comme le dit Fadila, l’une des organisatrices, « on n’oublie pas, et on ne pardonne pas. On est ici pour manifester contre les violences policières, mais aussi contre l’apartheid social. Quand on est jeune, arabe, et qu’on habite le Val-Fourré, on part avec trois handicaps. C’est un scandale. Et il faut rajouter les violences au quotidien, les contrôles au faciès. On manifeste, aujourd’hui, contre toutes ces violences, et avant qu’un mort ne vienne s’ajouter à la liste, déjà trop longue ».

Eric, Gilet jaune du Mantois, cheminot en lutte, aujourd’hui, rappelle les faits : « Le 6 décembre dernier, en plein mouvement contre Blanquer et au début du mouvement des Gilets jaunes, 151 jeunes se font interpeller. Le plus jeune avait 12 ans. Contrôle d’identité et garde-à-vue, pour la plupart. Mais avant ça ils et elles ont été mis à genoux, les mains sur la nuque, certains le visage contre le mur, pendant plusieurs heures, par les policiers qui avaient participé à l’opération. La première plainte, déposée contre les violences policières, a été classée sans suite ».

Tout un symbole et un moment extrêmement émouvant : les mères des jeunes se sont mis à leur tour à genoux, les mains sur la nuque, Place de la République, à l’arrivée de la manifestation. Au cours des des prises de parole, les 20 ans « d’entrainement » de la BAC au LBD dans les quartiers sont mis en avant, avec des jeunes violentés « pour ce qu’ils sont, et non pour ce qu’ils ont fait », déclare Yessa. Et l’accent est également mis sur l’unité et l’ennemi commun, le gouvernement, qui assure l’impunité policière. Beaucoup d’hommages et de déclaration de respect pour les Gilets jaunes et les syndicats qui ont soutenus les « daronnes » de Mantes-la-Jolie.

La convergence est à l’honneur car tout le monde a compris que si les lycéens du Mantois ont été mis physiquement à genoux, le pouvoir exige aujourd’hui la même chose psychologiquement, aux Gilets Jaunes par des violences policières, aux salariés dans les entreprises par des violences professionnelles, aux chômeurs et aux retraités par une baisse infamante de leurs revenus. Une belle manifestation de convergence, donc, entre les quartiers et la contestation sociale, entre le monde associatif et les syndicats et Gilets jaunes.

« On n’oublie pas, on ne pardonne pas ! », ont scandé les manifestantes et les manifestants, avant de se disperser et en se donnant rendez-vous dans les cortèges de grévistes de cette semaine. Contre-réforme des retraites, violences policières, attaques contre les classes populaires, racisme institutionnelle et islamophobie, il s’agit en effet des différentes facettes de Macron et de son (im)monde.




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