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Politique

Nos Vies Pas Leurs Profits

SNCF Toulouse. Un déconfinement entre impréparation et mise en danger des salariés et usagers

Cette première semaine de déconfinement n'aura pas été de tout repos à la SNCF à Toulouse. Entre manque de masques pour les personnels et usagers et volonté d'aller vers un service à taux plein en Occitanie d'ici au 25 mai. Dans le même temps, les personnes en contrats précaires de la sous-traitance n'ont pas eu droit à la prime covid !

vendredi 15 mai

Crédits photo : AFP - Eric Cabanis

L’objectif de la direction et de la région : reprendre l’activité coûte que coûte

Il est clair que la volonté de la direction de la SNCF et de la région Occitanie se focalise avant tout sur la mise en place d’un plan de transports ferroviaire visant à la reprise de l’activité économique. Dans des propos relayés par Actu Toulouse ce 12 mai, Carole Delga, présidente de la région, affiche haut et fort cette ambition. « La reprise des transports est le gage du redémarrage de l’activité pour de nombreux habitants et entreprises d’Occitanie. Si le télétravail doit rester la priorité, nous mettons tout en œuvre pour assurer les déplacements dans de bonnes conditions, notamment sanitaires, des personnes qui n’ont pas le choix. Dès lundi 11 mai, nous doublons le nombre de trains régionaux passant de 104 à 225 circulations sur le réseau ferroviaire en Occitanie » explique t-elle. Toujours selon Actu Toulouse, l’objectif est bien d’arrivé à une offre de train entre 90 et 100% d’ici au 25 mai.

Si Carole Delga s’était voulu rassurante concernant les questions sanitaires, affirmant notamment que la région mettrai « des masques à la disposition de tous les abonnés ainsi qu’aux usagers qui en seraient démunis », la réalité du terrain est tout autre, et l’obligation du port du masque dans les transports en commun ne s’accompagne d’aucune distribution gratuite. Dans le même temps, la promesse du Maire de Toulouse de mettre à disposition de l’ensemble de la population un masque lavable avant le 11 mai, déjà insuffisante, n’a pas été tenue. Ainsi, comme l’explique Actu Toulouse, les premiers masques ont été distribué à partir du 11 mai dans trois secteurs de la ville. Concernant les quartiers populaires, comme le Mirail, la Reynerie, Bellefontaine etc.,ou sont concentré les populations les plus précaires et les plus en besoin de ces masques, il faudra patienter... jusqu’au 26 mai « dernier carra » selon Actu Toulouse.

Si les promesses de protections minimales ne sont pas tenues, une autre l’est : Celle de la répression.« Très concrètement, il va y avoir des contrôles [...] à l’extérieur de la gare mais aussi à l’intérieur des trains »,expliquait ainsi le journaliste Ben Barnier dans un reportage de France 3 ce 9 mai. Sur ce terrain par contre, pas de retard à l’allumage !

Manque de masques pour les personnels et les usagers. Les travailleurs précaires de la sous-traitance toujours privé de la prime Covid

Mais si, aujourd’hui, l’accès aux masques est un budget parfois hors de portée des plus précaires, l’impréparation du déconfinement fait qu’il y a aujourd’hui des manques y compris pour les travailleurs de la SNCF. Ainsi, les stocks sont en flux tendu, avec une prévision sur 20 jours qui nous amène à peine jusqu’à la reprise du trafic à taux plein. Mais surtout, les masques disponibles ne sont évidemment pas FFP2, non seulement dans les secteurs ou la distanciation est très difficile à mettre en place mais aussi pour les travailleurs en contact plus direct avec les usagers ! Pire, une série de cheminots n’habitant pas à Toulouse ne sont pas prioritaire pour les trains et se sont vu promettre une « rallonge » (unique !) de 30€ pour acheter eux-même leurs masques pour le trajet ! Une hérésie, quand les estimations de budget pour avoir suffisant de masques pour respecter les normes sanitaires se chiffre à hauteur de 60€ par personne... D’autant plus que ces cheminots se voit dans l’obligation de prendre leur voiture pour venir travailler, ce qui représente un coût supplémentaire, et ce alors qu’avec la crise Covid, une série de primes, notamment celles de travail le week-end et de nuit, ont tout simplement sautées, ce qui représente un manque à gagner sur la fiche de paye pouvant ce chiffrer à plusieurs centaines d’euros par mois. Et à ce jeu là, ce sont évidemment les cheminots les plus précaires qui en font le plus les frais. Et c’est, évidemment, sans compter l’offensive que représente les possibles 5 jours de solidarités à donner.

La situation est encore plus dramatique concernant les travailleurs de la sous-traitance. D’une part, il y a un manque encore plus criant. Mi-avril déjà, une série de travailleurs du nettoyage de la société La Pyréenne avaient exercés leur droit de retrait par manque de masques. Une situation qui ne s’est pas amélioré depuis, et qui touche d’autres secteurs, comme la filière privé de la SNCF Géodis par exemple, ou la situation est dramtique à échelle nationale, comme le montre un article de Zonebourse ce 11 mai. Plus encore, les salariés, notamment en contrats précaires, n’ont toujours pas droit à la prime Covid ! Une situation d’autant plus scandaleuse que la SNCF et ses sous-traitants accentuent le recours à ces travailleurs, notamment dans le secteur du nettoyage.

Nos vies, pas leurs profits ! Nous exigeons sans délai :

La première semaine de déconfinement à la SNCF à Toulouse et dans sa région a donc été marquée par une série de dysfonctionnement du à une impréparation manifeste sur le plan sanitaire. Toutefois, pour les fameuses nécessité économique, ces manques n’ont pas été synonyme ne serait-ce que d’un réajustement du plan de transports prévu. Une situation qui met en danger la vie des travailleurs et des usagers, et ce alors que la reprise à taux plein de l’activité ferroviaire est prévu pour le 25 mai.

Ainsi, dans cette situation, il est indispensable d’exiger sans délai :

  • Des masques FFP2 pour l’ensemble des travailleurs, de la SNCF comme ceux des filières privés et de la sous-traitance. A la condition non-négociable que les personnels soignants soit suffisamment fournis avec ces masques.
  • L’internalisation immédiate de l’ensemble des travailleurs de la sous-traitance et des filières privés de la SNCF, avec obtention du statut de fonctionnaire dans une grande entreprise publique du transport.
  • Des masques gratuits et une campagne de dépistage massive pour l’ensemble de la population, afin de prémunir au maximum le risque d’une seconde vague de l’épidémie.
  • L’obtention immédiate de la prime Covid19, de l’ensemble des primes durant la période de pandémie et une hausse générale des salaires, à hauteur de 1800€ net avec indexation sur l’inflation.
  • Des transports gratuit pour toutes et tous, financé par la taxation des grandes entreprises à hauteur des besoins et le paiement rétroactif et immédiat du Versement Transport par les entreprises, non-versé depuis le début du confinement.

Pour obtenir ces revendications, il est indispensable d’imposer un rapport de force à la hauteur des enjeux. C’est pourquoi il est indispensable d’exiger un plan de bataille, rompant avec toute politique de dialogue social, réunissant travailleurs, syndiqué ou non, et usagers dans des comités à la base. Par ailleurs, le personnel de la santé à démontré, à Toulouse, sa volonté de se battre avec un rassemblement réussi ce 11 mai ! Il est indispensable que l’ensemble des secteurs du monde du travail, à la SNCF comme ailleurs, se joigne au combat légitime des personnels soignants.

Le comité transports Toulouse de Révolution Permanente est composé de travailleurs de Tisséo et de la SNCF, militant au NPA - Révolution Permanente ou non. Si tu es travailleur dans le secteur des transports, privé ou public, à Toulouse et dans sa région et que tu souhaites publier un témoignage ou participer activement à ce comité, il est possible de nous envoyer un message sur la page facebook de Révolution Permanente Toulouse ou à l’adresse mail suivante : [email protected]




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