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Politique

Largement insuffisant

Sur les 700 000 tests promis par semaine, moins de la moitié sont réellement effectués

Le 28 avril, Édouard Philippe annonçait 700 000 tests par semaine à partir du déconfinement. Mais selon Mediapart, « moins de la moitié des 700 000 tests » sont effectués chaque semaine. Le gouvernement a encore une fois changé de stratégie et de discours, prouvant là sa gestion erratique de la crise sanitaire.

mardi 26 mai

Crédits photo : AFP 

Depuis le début de la crise, le gouvernement français n’a fait que repousser la mise en place de mesures préventives, qui sont pourtant fondamentales en l’absence de vaccin : dépistage massif, suivi des contacts et confinement des personnes contaminées.

Après plusieurs mois de pénurie de tests, le gouvernement avait expliqué vouloir changer de stratégie : le 28 avril, Édouard Philippe déclarait « À la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier nos tests. Nous nous sommes fixés l’objectif de réaliser au moins 700 000 tests virologiques par semaine au 11 mai ». Puis, mardi 19 mai, les déclarations de Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, tranchaient avec ces objectifs. Il déclarait qu’il fallait tester les cas suspects, n’évoquant plus le chiffre de 700 000 tests par semaine.

Et aujourd’hui, comme le souligne Mediapart, « deux semaines après le début du déconfinement, l’objectif de 700 000 tests virologiques réalisés chaque semaine est loin d’être atteint. Le chiffre a disparu de la communication gouvernementale, et à moins d’une recrudescence (redoutée) de l’épidémie, il ne sera probablement jamais atteint. Les uns y voient un verre à moitié plein – il n’y aurait pas de demande –, d’autres redoutent qu’il ne soit à moitié vide, et que l’on “passe à côté” des besoins. » On serait ainsi aujourd’hui à « moins de la moitié des 700 000 tests promis » par semaine.

Si, globalement, en France, le virus circule moins et le nombre de personnes positives est en forte diminution, il reste qu’on est loin des 700 000 tests promis. Selon Lionel Barrand, biologiste interviewé par Mediapart, « “700 000 [tests par semaine – ndlr], on ne pourrait pas les faire”. S’il se félicite des “organisations territoriales améliorées”, “il nous manque toujours du matériel”, regrette-t-il, et le soutien du ministère de la santé pour obtenir des livraisons auprès des fournisseurs ». D’après le journal, il est pour l’instant impossible de savoir combien de tests sont réalisés par jour.

Surtout, nous sommes encore très, très loin de la campagne de dépistage massif qui serait d’autant plus nécessaire à l’heure du déconfinement et d’une possible seconde vague épidémique. Par ailleurs, il existe encore un certain nombre de clusters (foyers épidémiques) : « En Nouvelle-Aquitaine, il existe ce lundi, selon le directeur de l’ARS, “33 clusters toujours actifs”. En Bourgogne-Franche-Comté, l’ARS indique avoir reçu, “depuis le 11 mai, 97 signalements” de foyers infectieux : “42 sont d’ores et déjà clôturés.” Parmi les 55 restants, dont 40 concernent des établissements de santé ou médico-sociaux et 3 des écoles, aucun n’est toutefois jugé “préoccupant” », toujours selon Mediapart.

On est donc aujourd’hui face à un énième changement de stratégie et de discours de la part du gouvernement. Cela témoigne d’une gestion de la crise erratique et du manque de préparation de l’exécutif. Dès le début de la crise sanitaire, la bonne stratégie aurait été de dépister massivement. Aujourd’hui, plusieurs mois après le déclenchement de l’épidémie en France, Macron et ses ministres s’y refusent toujours, continuant de miser sur l’immunité collective et sur les mesures répressives.

Au-delà des menaces sanitaires, c’est également le spectre de la crise économique qui commence à planer sur les travailleurs et les classes populaires. Mais d’ores et déjà, plusieurs secteurs relèvent la tête pour exprimer leur colère contre le gouvernement et les patrons qui cherchent à faire payer la facture de la crise aux travailleurs, à l’image de la Fonderie de Bretagne de Renault ou encore des soignants, qui s’organisent pour un déconfinement de leurs revendications.




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